L’envoûtement de Lily Dahl (1996) – Siri HUSTVEDT

J’avais envie de découvrir Siri Hustvedt depuis un moment et maintenant que c’est chose faite, je reste un peu sur ma faim. J’ai apprécié l’écriture, jolie, poétique, l’atmosphère mystérieuse et évanescente. Mais il m’a manqué un petit quelque chose pour m’intéresser un peu plus au personnage de Lily

Ce monde clos dans lequel elle évolue, entre son appartement, celui de sa voisine Mabel, l’hôtel où loge Ed Shapiro, artiste new-yorkais duquel elle s’éprend, le café monotone et routinier où elle travaille et les répétitions de théâtre, tout cela m’a un peu étouffée. D’un autre côté, ce contexte figé donne un rythme lancinant et assez envoûtant au roman mais je n’y ai pas été sensible. Cet aspect onirique, troublé où l’on ne distingue parfois pas vraiment le rêve de la réalité n’a pas emporté mon adhésion.

Ce n’est pas une critique envers le roman, qui est volontairement construit ainsi, mais plutôt le constat de ce que je suis passée à côté de ce qui fait le sel de ce récit.

Mais je n’abandonne pas, j’ai Tout ce que j’aimais dans ma PAL, peut-être qu’il sera plus fait pour moi.

PRÉSENTATION
Dans une bourgade du Minnesota, où tout le monde se connaît, et où commérages et crédulité font bon ménage, la jeune Lily Dahl découvre la vie. C’est son premier amour, pour Edouard Shapiro, artiste juif new-yorkais dont l’étrangeté inquiète ses concitoyens. C’est encore l’amitié avec un professeur à la retraite, Mabel, vieille dame toute de finesse et de tendre sagesse. Mais c’est aussi l’envoûtement par une série de phénomènes qui se produisent autour de Lily Dahl comme si elle les attirait, et dont elle dénouera le mystère avec une téméraire obstination.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (1960) – Harper LEE

Voilà un roman inévitable et que je suis ravie d’avoir enfin lu. Contrairement à beaucoup d’avis lus, je n’ai pas senti de différence entre les deux parties et je les ai tout autant appréciées l’une que l’autre.

Le récit de la petite Scout m’a paru clair et réaliste même si empreint de l’ingénuité propre aux enfants de cet âge qui découvrent le monde. Toute fois, il n’y a aucune fausse naïveté et les faits ne sont pas édulcorés.

Je comprends tout à fait l’effet de bombe qu’a pu avoir ce roman à sa sortie en 1960, lorsque les esprits n’avaient pas encore évolué vis-à-vis de la communauté noire. Mais encore aujourd’hui, il me parait d’actualité. Un Noir accusé d’un crime qu’il n’a apparemment pas commis, un avocat blanc qui va employer toutes ses forces à le faire acquitter et la pression de la communauté blanche contre les « nègres » et les « amis des nègres ».

Le thème de la différence est également abordé au travers de la relation entre les enfants, Scout, Jem et leur copain de vacances Dill, et Boo Radley, un homme ayant choisi de vivre en ermite et nourrissant les fantasmes d’épouvante enfantins, relation allant de la fascination malsaine à une sorte d’attachement inexplicable.

Un autre aspect intéressant de ce roman est le mystère entourant son auteur et la part autobiographique réelle du récit de Scout. Dill représente-t-il une version enfant de Truman Capote, ami d’enfance de Harper Lee ? Atticus Finch est-il le père de la romancière ? Pourquoi n’a-t-elle plus jamais écrit de roman ensuite (du moins sous le nom de Harper Lee) ? Tant de questions sur un roman qui reste encore emblématique à ce jour.

– Encore un mot, messieurs les jurés, et j’en aurai terminé. Thomas Jefferson a dit un jour que tous les hommes naissaient égaux, phrase dont les Yankees et la dame de la Présidence à Washington aiment à nous rebattre les oreilles. Certaines personnes ont tendance, en cet an de grâce 1935, à utiliser cette phrase en la sortant de son contexte pour satis faire tout le monde. L’exemple le plus ridicule que je connaisse est que les gens qui dirigent le système scolaire encouragent de la même façon les idiots et les paresseux d’une part et ceux qui travaillent de l’autre. Puisque tous les hommes sont nés égaux, vous diront gravement les enseignants, les enfants qui ne suivent pas souffrent d’un terrible sentiment d’infériorité. Nous savons que tous les hommes ne naissent pas égaux au sens où certains voudraient nous le faire croire – certains sont plus intelligents que d’autres, certains ont plus de chances parce qu’ils sont nés ainsi, certains hommes gagnent plus d’argent que d’autres, certaines femmes font de meilleurs gâteaux que d’autres -, certains sont plus doués que la moyenne.

Mais ce pays met en application l’idée que tous les hommes naissent égaux dans une institution humaine qui fait du pauvre l’égal d’un Rockefeller, du crétin l’égal d’un Einstein, et de l’ignorant l’égal de n’importe quel directeur de lycée. Cette institution, messieurs les jurés, c’est le tribunal. Qu’il s’agisse de la Cour suprême des Etats-Unis ou du plus humble juge de paix du pays, ou de cette honorable cour où vous siégez. Nos tribunaux ont leurs défauts, comme toutes les institutions humaines mais, dans ce pays, ils font office de grands égalisateurs puisque tous les hommes y sont nés égaux.

Je ne suis pas un idéaliste au point de croire aveuglément en l’intégrité de nos tribunaux et dans le système du jury ; pour moi, il ne s’agit pas d’un idéal, mais d’une réalité vivante, opérationnelle. Messieurs les jurés, un tribunal ne vaut pas mieux que chacun de vous. Une cour n’est sérieuse que pour autant que son jury l’est et un jury n’est sérieux que si les hommes qui le composent le sont. Je suis sûr que vous allez examiner sans passion les témoignages que vous avez entendus, prendre une décision et rendre le défendeur à sa famille. Au nom de Dieu, faites votre devoir.

PRÉSENTATION
Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d’autres pays. C’est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise – les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.