Double diabolique (2005) – Rosamond SMITH (Joyce Carol OATES)

Je ne savais pas que Joyce Carol Oates, à l’instar d’Agatha Christie ou Ruth Rendell, avait parfois utilisé un pseudonyme. Dans le cas présent, elle utilise le pseudonyme Rosamond Smith (du nom de son premier mari Raymond Smith) pour l’écriture de romans policiers ou de thrillers.

Ce n’est pas son genre habituel de roman que Joyce Carol Oates nous livre ici. Il s’agit d’un thriller.

Le personnage principal est une danseuse exotique qui revient se réfugier chez sa sœur jumelle après des années sans lui donner de nouvelles. Les deux sœurs ont reçu la même éducation et pourtant, elles ont évolué de manière tout à fait opposée. La différence de caractère s’est faite dès leur enfance et s’est exacerbée avec les années et l’expérience de la vie.

Sur le fond du roman, la trame n’est pas des plus originales : la gémellité et ses mystères, les blessures d’enfance et leur impact sur la vie d’adulte, les drogues, le sexe… Mais le style inimitable de Joyce Carol Oates en fait un thriller fascinant et difficile à lâcher.

PRÉSENTATION

La nuit, Sharon Donnor s’appelle Claire d’Étoile. Elle est strip-teaseuse dans les clubs de Las Vegas. Elle y cherche insatiablement quelqu’un qui l’aimera. Mais elle tue également les hommes qui ne la traitent pas comme elle le souhaite, et laisse au petit matin leur corps orné d’un pentagramme satanique, tracé avec leur propre sang. Un jour, la situation lui échappe. Elle est obligée de fuir, et d’aller retrouver sa sœur jumelle, qui mène une vie paisible avec son mari et leur fille dans l’État de New York, et ignore tout de son double diabolique. Mais la terrible nature de Sharon la poursuit et elle décide de se venger des hommes qui l’ont fait souffrir durant sa jeunesse. Les rapports entre « tante Sharon » et son beau-frère se détériorent alors au point que…

Joyce Carol Oates excelle dans l’analyse psychologique de ses personnages. L’apparence, la névrose, l’amour, le sexe font partie de ses thèmes favoris. La gémellité aussi, dont elle étudie ici les aspects les plus sombres.

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Carol (1952) – Patricia HIGHSMITH

Je pensais avoir lu ce livre à l’adolescence. Quand le film de Todd Haynes est sorti, je me suis rendue compte que ce n’était pas le cas et que je confondais avec un autre livre (mais lequel ? mystère…). J’ai donc réparé mon erreur dès que possible (il a quand même traîné quelques mois dans ma liseuse).

Pour l’époque à laquelle il est sorti, ce roman est en effet inattendu ; pas sulfureux comme pourrait le laisser croire le sujet mais plutôt courageux.

Patricia Highsmith décrit à la perfection le rejet subi par les couples homosexuels dans les années 50, l’exclusion dont ils faisaient l’objet, le dégoût qu’ils provoquaient.

Elle venait de comprendre ce qu’elle n’avait que vaguement pressenti jusqu’alors, que le monde entier était prêt à devenir leur ennemi.

Et pourtant, les sentiments entre Carol et Therese paraissent tellement purs en comparaison, tellement exempts de tout vice. Là se trouve à mes yeux toute la beauté du livre.

Patricia Highsmith écrit dans la préface et dans la postface du livre que ce roman lui a valu des milliers de lettres de remerciement, ce que je comprends tout à fait. C’est un très beau roman, très bien écrit et il me tarde de voir l’adaptation cinématographique.

Mais si c’était simplement le bonheur, alors il avait dû dépasser les limites ordinaires et se muer en autre chose, une sorte de pression excessive, au point que le poids d’une tasse de café dans sa main, la rapidité d’un chat traversant le jardin, le choc silencieux de deux nuages, semblaient presque plus qu’elle ne pouvait en supporter.

PRÉSENTATION

Therese, vendeuse dans un grand magasin, rencontre Carol, qui est belle, fascinante, fortunée. Elle va découvrir auprès d’elle ce qu’aucun homme ne lui a jamais inspiré : l’amour. Une passion naît, contrariée par le mari de Carol, lequel n’hésite pas à utiliser leur petite fille comme un moyen de chantage.

L’élève (1929) – Henry JAMES

J’étais très contente après Michel Bussi de retrouver la plume de Henry James et ses personnages aboutis même si ils datent d’un autre temps.

Ici, nous suivons Pemberton, un jeune précepteur employé par les Moreen pour s’occuper de Morgan, leur plus jeune fils, à la santé fragile.

Le jeune adolescent fait preuve d’un grande précocité de sentiments et de réflexion et au fil du temps passé ensemble, un fort attachement va s’établir entre le précepteur et son élève. Mais cette affection réciproque se fera au détriment du lien familial.

J’ai aimé, comme toujours avec Henry James, les personnages fouillés, complexes et ici fidèles à leurs lignes de conduite. La famille Moreen est assez pittoresque et leurs travers ainsi que leur aplomb m’ont fait sourire assez souvent, surtout en contraste avec le sérieux de Pemberton.

Cependant, l’histoire n’est pas comique et les questionnements et états d’âme du précepteur m’ont touchée.

Il n’en est pas de même pour la seconde nouvelle L’autel des morts, qui m’a laissée froide, et que j’ai même trouvée un peu décousue.

PRÉSENTATION

Morgan Moreen, l’élève, est un enfant intelligent et malheureux, abandonné aux mains des gouvernantes et des précepteurs. L’arrivée du nouveau précepteur Pemberton change son existence, car il trouve en lui un être digne d’attachement, mais Pemberton, devant tant de précocité, croit avoir affaire à un adulte et le traite d’égal à égal sans savoir jusqu’où il peut aller. Cette expérience dangereuse les lie à jamais au cours d’un vagabondage mi-joyeux mi-désespéré dans toutes les vieilles capitales de l’Europe. Avec ce récit, James a donné le premier grand portrait d’enfant de la littérature moderne. Il n’a pas été égalé pour sa cruelle lucidité ni pour sa tendresse curieuse.

Nymphéas noirs (2010) – Michel BUSSI

C’est le deuxième roman que je lis de Michel Bussi et je dois me rendre à l’évidence : je n’aime pas la plume de cet auteur. Je n’accroche pas à ses personnages, ni à son style.

Cependant, il faut lui reconnaître un talent, c’est celui de tenir son lecteur en haleine.

L’intrigue de Nymphéas Noirs se déroule à Giverny et les anecdotes (vraies) autour des impressionnistes, de Monet ou de la peinture en général, sont nombreuses. J’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman et il a renforcé mon envie de visiter Giverny (même si les touristes sont présentés comme des moutons mais je suppose que c’est le lot de toute personne désirant voir un monument ou une oeuvre d’art un tant soit peu renommée).

En parallèle d’une enquête policière, le lecteur suit les destinées de trois femmes d’âge différent dans ce village marqué par l’art et la poésie.

Le dénouement m’a laissée sans voix, je ne m’en étais absolument pas approchée malgré toutes mes interrogations et supputations.

PRÉSENTATION

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé…

 

Alphabet City (2013) – Eleanor HENDERSON

J’ai adoré ce roman, que j’ai trouvé très bien écrit et très intense.

Eleanor Henderson retrace 9 mois de la vie de trois jeunes gens, marqués par la mort par overdose de l’un des leurs (pas de spoiler, on l’apprend dès les premières lignes). Les trois adolescents sont eux-mêmes reliés uniquement par le souvenir de Teddy, leur disparu, frère, ami, amant.

Durant 9 mois, ils vont errer entre New-York et le Vermont, errer également dans cette époque troublée qu’est la fin des années 80. De concerts de rock en bastons, de soirées de défonce en concerts « straight edge » (pas d’alcool, pas de tabac, pas de drogues), ils vont aussi partir à la recherche d’eux-mêmes, tenter de se souvenir de Teddy. Mais ils finiront par se rendre compte qu’ils doivent le laisser partir.

Les personnages des parents sont très importants dans le roman, parents défaillants, parents absents, ou attentifs à leur manière… Il est intéressant de noter d’ailleurs que les parents représentant le plus une figure parentale attentive et protectrice, ne sont pas en définitive des parents « biologiques » mais des parents adoptifs. L’auteure offre également une belle réflexion sur l’adoption et l’identité des enfants adoptés.

Un autre aspect inévitable de ce roman est la ville de New-York ; c’est d’ailleurs la raison qui m’a poussée à le lire maintenant. New-York, ses rues, ses quartiers, son influence, se dotent sous la plume d’Eleanor Henderson d’une présence magnétique.

Le réalisme affleure à chaque ligne mais le style reste envoûtant et percutant à la fois.

Pour un premier roman, cela augure bien de la suite. Je ne suis pas surprise qu’Alphabet City ait été édité chez Sonatine, je l’aurais bien vu chez Rivages également .

PRÉSENTATION

Vermont, 1987. Jude et Teddy trompent l’ennui en fumant de l’herbe, tous deux rêvant d’une vie plus palpitante. Jusqu’au jour où un terrible drame les sépare… 
À 16 ans, Jude doit apprendre à faire le deuil de son meilleur ami, tout en essayant de trouver sa place dans le monde. Parti rejoindre son père à New-York, il découvre une ville hostile mais vivante, et s’initie au « straight edge », un courant punk radical. Loin des idéaux hippies de ses parents, Jude découvre une nouvelle famille, avec sa musique, ses rêves, ses excès aussi et ses terribles secrets…

 

Challenge des Couvertures

Après le Challenge Les Dames en noir, je vais vous parler du challenge des Couvertures, trouvé également sur Livraddict et organisé cette année par Les Faces Littéraires.

J’ai trouvé le principe assez ludique et ce principe, le voici :

Chaque livre lu vous rapportera des points. Et le nombre de points dépend de sa couverture.
Quand vous avez lu un livre, vous choisissez UNE catégorie et vous remporterez ainsi le nombre de points de la catégorie en question.

Au cours du challenge, vous pouvez donc utiliser plusieurs fois une même catégorie.

*Couverture vierge (il n’y a que le titre et le nom de l’auteur) = 5 points.
*Typographie (Ce sont des jeux de textes/d’écritures qui composent la couverture) = 4 points.
*Un paysage = 3 points.
*Un animal/des animaux = 3 points.
*Un des quatres éléments (eau, flamme = feu, terre, air.) = 3 points.
*Une action, ex : s’embrasser, fumer… (l’action doit être explicite) = 2 points.
*Un ou des objets = 2 points.
*L’affiche du film = 2 points.
*De la nourriture = 2 points.
*Des fleurs = 2 points.
*Forme / Logo, ex : coeur, rond, carré, triangle, panneau de signalisation… = 2 points.
*Un dessin / une illustration / une photo = 1 point.
*Une ou plusieurs personnes = 1 point.

En plus des catégories/thèmes cités plus haut, vous pourrez également récolter des points bonus en fonction des couleurs de votre couverture ; en sachant que cette fois le noir et le blanc ne sont pas calculés comme étant des couleurs.

Les points bonus :
*Noire et blanche / Noire ou Blanche (Gris étant le mélange des deux ; rentre dans ce bonus) (donc sans couleurs) = 4 points.
*Unicolore (Une seule couleur/La couleur du titre et du nom de l’auteur ne compte pas) = 3 points.
*Bicolore/Tricolore (le blanc et le noir compte sur le titre et le nom de l’auteur mais pas sur le reste) = 2 points.
*Multicolore = 1 points.

En plus des points bonus couleurs, voici une autre chance de gagner des points :
Les points bonus 2 :
*Un livre, une feuille, un stylo… (thème écriture) sur la couverture : 5 points.
*Une bougie, gâteau, cadeau… (thème anniversaire) sur la couverture : 4 points.
*Fleuve, mer, océan, rivière sur la couverture : 4 points.
*Un bébé, un enfant sur la couverture : 3 points.
*Un château sur la couverture : 3 points.
*Un couple sur la couverture : 2 points.
*Un chat sur la couverture : 2 points.
*Un couteau, un pistolet (une arme) sur la couverture : 1 point.
*Un soleil sur la couverture : 1 point.

Let’s play !!!

Le miroir se brisa (1962) – Agatha CHRISTIE

Je dis toujours aimer beaucoup Agatha Christie mais le fait est que finalement, je n’ai pas lu tant de ses œuvres que cela…

Le challenge Les dames en noir m’a donné l’occasion rêvée de me plonger dans une enquête de la célèbre Miss Marple. Après avoir lu il y a quelques années Un cadavre dans la bibliothèque, j’ai retrouvé Miss Marple, son amie Mrs Bantry et le manoir de Gossington.

Lire un Agatha Christie, c’est rompre totalement avec les romans policiers et thrillers que j’ai l’habitude de lire : pas d’armes, pas de course-poursuite, pas de tueur démoniaque ou de serial-killer. Tout le travail d’enquête est mené à l’aide d’un simple outil : le raisonnement de Miss Marple, son analyse des faits qui lui sont rapportés.

J’aime aussi également beaucoup l’humour et l’ironie présents dans les descriptions des personnages :

…il acceptait avec enthousiasme les recommandations qu’on lui prodiguait et n’y donnait aucune suite…

Cela donne des personnages très réalistes, très attachants, avec en plus ce petit côté ‘Angleterre surannée’ qui me séduit toujours.

Quant à la résolution de l’intrigue, bien entendu, je n’ai rien vu venir. J’ai compris environ une ligne avant que Miss Marple expose les faits tels qu’ils s’étaient réellement déroulés.

Tellement simple, dit Miss Marple, que personne ne pouvait rien y voir.

PRÉSENTATION

Qu’avait vu Marina Gregg ? Qu’avait-elle vu juste avant la mort de Mrs Babcock ? Elle regardait fixement le mur, près de l’escalier, et son visage s’était soudain crispé de terreur.

Puis elle s’était ressaisie pour retourner, souriante, à ses invités. Mrs Babcock avait pris un cocktail… et tout s’était enchaîné très vite. On avait d’abord cru à un étourdissement, à un malaise cardiaque… Quelques minutes plus tard, elle était morte… empoisonnée… Mais pourquoi ? Pourquoi Heather Babcock, une femme toujours prête à rendre service ? Evidemment, elle aimait fourrer son nez partout, mais de là à…

Qu’avait vu Marina Gregg ?