Love, etc. (1994) – Julian BARNES

Le triangle amoureux, voilà un thème souvent traité, que ce soit en littérature (Jules et Jim) ou au cinéma (Jules et Jim again, Brothers).

Je n’ai pas vu le film de Marion Vernoux, tiré de ce roman et pourtant j’aime beaucoup Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg et Charles Berling.

Et cela était pour le mieux car avoir un visuel ne m’aurait sans doute pas permis de savourer l’aspect « so british » de ce roman. J’avais presque l’impression d’entendre l’accent anglais en lisant !

Stuart et Oliver sont amis depuis l’adolescence. Leurs caractères sont foncièrement différents, pour ne pas dire opposés. Là où Stuart est réservé, timide et manque de confiance en lui, Oliver est exubérant, pontifiant et affiche une assurance sans pareille.

Stuart fait pale figure auprès de son ami puis un jour, il rencontre Gillian. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Bien entendu, Stuart présente Gillian à Oliver ; ils passent du temps tous les trois (à la Jules et Jim) et Stuart et Gillian se marient. Mais le mal est fait et Oliver est lui aussi tombé amoureux de Gillian.

Love, etc. explore les circonvolutions des sentiments amoureux en donnant la parole alternativement à Stuart, Oliver, Gillian et parfois à un personnage secondaire.

Le style évolue en fonction du personnage qui expose son point de vue et donne véritablement vie aux protagonistes. Lorsqu’Oliver prend la parole, le lecteur peut très bien visualiser son attitude à la fois grandiloquente et facétieuse, un peu à la Fabrice Luchini. Quant à Stuart, on sent qu’il manque d’assurance et son fort attachement pour Oliver et Gillian ressort nettement.

Julian Barnes nous livre une brochette de personnages intéressants et pittoresques mais ce « vaudeville » sait également émouvoir lorsque l’on ressent la fragilité et la détresse de ses acteurs.

PRÉSENTATION

Stuart et Oliver sont de vieux amis et, même s’ils diffèrent sur certains points (cette manie de la précision et ce goût des dictionnaires qu’a Oliver !), ils partagent beaucoup de choses à commencer par la même femme, Gillian. Enfin, affirmer qu’ils la partagent est peut-être exagéré, il serait plus juste de dire qu’ils se la disputent. Une classique histoire de trio amoureux ? Pas vraiment, car Julian Barnes, au lieu de confier le récit à un narrateur omniscient a choisi de donner la parole à chacun des protagonistes qui, conformément à un proverbe russe placé en exergue du roman, « ment comme un témoin oculaire ». Il en résulte un enchevêtrement de rancœurs, de mensonges, de remords, de culpabilité qui transforment le marivaudage en une véritable analyse chirurgicale des sentiments, sans que l’auteur renonce jamais à son humour très britannique.

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