La suture (2016) – Sophie DAULL

Il est très difficile d’émettre un avis sur un tel livre. Il est tellement personnel que juger le roman équivaut presque à nier le chagrin et la douleur de l’auteure.

J’ai lu le livre qu’elle a écrit après la mort de sa fille et il m’a vraiment touchée, émue aux larmes.

Ici, Sophie Daull part sur les traces de sa mère qui était très secrète sur son passé, et dont elle connaît peu de choses finalement. Elle ne parle pas du fait divers qui lui a coûté la vie et de ce fait, évite l’effet « voyeurisme ».

On sent énormément de tendresse dans ses lignes et Sophie Daull évoque parfois sa fille Camille, comme une compagne qui ne la quitte jamais.

Par contre, si j’ai été très touchée par Camille, mon envolée, ce livre-ci m’a moins émue. Je l’ai lu rapidement mais sans m’attacher outre-mesure à l’histoire ou aux personnages ; hormis les passages où elle évoque Camille qui m’ont serré le cœur.

Maintenant que vous dormez ensemble jusqu’à la fin du mon-on-on-de, je ne chante plus. J’écoute vos sirènes.

Je vais reprendre le fil générationnel que la mort a trouvé marrant de couper entre ses dents, telle une couturière capricieuse et impatiente, et je vais raccommoder les trous, faufiler des pièces aux coudes et genoux de ce grand squelette prématurément décharné.

…à moi qui vis au-dessus de mes moyens, dans tous les sens du terme, dans le luxe noir de la douleur.

J’écris ça : « Je suis devenue la mère de ma mère. » Dans l’autre livre, celui en bleu pour Camille, j’écrivais : « Je suis devenue l’enfant de ma fille. »

PRÉSENTATION

Alors qu’elle vient de perdre Camille, sa fille de seize ans, Sophie Daull se penche sur le passé de sa mère, Nicole, une femme mystérieuse, disparue elle aussi, il y a trente ans. Munie de maigres indices – quelques lettres et photos tenant dans une boîte à chaussures –, elle entreprend de déchiffrer les lieux et paysages où Nicole a vécu, les visages qu’elle a connus, et tente de reconstituer ainsi une existence troublante.

À larges aiguillées joyeuses, poétiques ou bancales, l’auteure va coudre passé et présent, fiction et réalité, grand-mère et petite-fille, dans ce roman en forme d’enquête généalogique, qui vagabonde dans la France de l’après-guerre jusqu’aux années 80.

Se dessine ainsi la figure de Nicole, dont la frêle beauté et la timidité intriguent, porteuse d’une énigme qu’elle semble elle-même ignorer, chahutée depuis l’enfance par les rudesses d’une vie sans ménagement. Nicole, que le lecteur débusquera avec émotion derrière ses larges lunettes et la fumée de ses Gitanes…

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