Jusqu’à l’impensable (2017) – Michael CONNELLY

Chouette un Connelly ! Je suis toujours contente de retrouver Bosch et/ou Haller dans mes lectures.

Cette fois, je suis servie puisque Harry Bosch (pour la énième fois en retraite) se laisse convaincre par son demi-frère Mickey Haller, « l’avocat à la Lincoln« , de travailler à disculper un de ses clients accusé de meurtre.

C’est cela pour Bosch, aller jusqu’à l’impensable, c’est travailler pour la défense après plus de 30 ans à amener les coupables devant l’accusation.

Bosch était bouleversé. Il avait l’impression d’avoir trahi quelqu’un… lui-même, peut-être.

Mais on ne se refait pas et malgré les critiques, insultes et autres menaces émanant de la sphère LAPD, Harry persiste dans son enquête et déterre des secrets bien enfouis.

Le roman est plutôt basé sur Bosch mais j’ai apprécié d’y voir apparaître Haller. Et j’ai beaucoup aimé leur relation, ils apprennent encore à se connaître mais s’admirent et se respectent mutuellement. On sent qu’ils s’acheminent vers une vraie relation fraternelle.
J’espère les retrouver vite tous les deux pour de nouvelles enquêtes !

Cela ne faisait que quelques années qu’ils apprenaient à se connaitre. Et bien que Haller soit pour ainsi dire toujours « de l’autre côté », Bosch l’aimait bien et le respectait.

PRÉSENTATION

Harry Bosch, retraité du LAPD malgré lui, tente de tuer le temps en remontant une vieille Harley lorsque Mickey Haller, son demi-frère avocat de la défense, lui demande de l’aide. Il ne voit en effet que Bosch pour l’aider à innocenter Da Quan Foster, un ex-membre de gang accusé d’avoir battu à mort la directrice adjointe des services municipaux de West Hollywood. Même si la preuve est accablante, Haller en est sûr, son client est innocent.? Dilemme pour Harry ! Passer du côté de la défense quand on a travaillé avec passion pour la police de Los Angeles toute sa vie ? Tout simplement impensable.

Pourquoi pas ? (2012) – David NICHOLLS

Je ne m’attendais pas à grand-chose de cette lecture, et bien c’est à peu près ce que j’ai eu. Pourtant, sur le papier, il y a beaucoup pour me plaire : le roman (anglais) se déroule en 1986 dans une fac en Angleterre.

Mais ça n’a pas pris. L’écriture est correcte mais le personnage principal m’a rapidement agacé. Il s’agit d’un jeune garçon de 19 ans qui entre à l’université. Il n’est pas bête, assez cultivé également mais souffre d’une véritable incapacité à interagir de façon normale avec les gens, et encore moins avec les filles. Il est de plus, et de son propre aveu, affligé d’une acné effroyable, faisant ressembler son visage à « du steak cru ».

La présentation du livre parle de malchance, je parlerais plutôt de maladresse, de gaffes répétées et de manque de naturel. Et ce qui est le plus étonnant, c’est qu’entre l’acné, son hygiène plus que douteuse et sa communication désastreuse, Brian semble attirer les filles…

Bref, j’avais de surcroît deviné dès les premières pages où l’intrigue nous mènerait, ce ne fut donc pas une lecture mémorable.

PRÉSENTATION

Bristol, 1985. L’université ! Brian Jackson s’y voyait déjà : une vie d’étudiant sans contrainte, une sexualité débridée, des amis par centaines, un diplôme en or, qui serait suivi d’une entrée fracassante dans la vie active. Oui, mais voilà, la réalité est loin d’être aussi idyllique. Une acné récalcitrante, des fringues informes chinées aux puces, une spécialisation dans la très moyenne et très populaire section de littérature anglaise, pas un sou en poche et une passion farouche pour Kate Bush.

Un seul véritable talent : une culture générale qui ferait de lui le candidat idéal pour participer au « Questions pour un champion » local, le quiz télévisé « University Challenge ». Recruté dans l’équipe in extremis, Brian est bien décidé à remporter le trophée et le coeur de la belle et riche Alice, aspirante actrice. Pour l’aider dans sa mission, Rebecca, punkette grande gueule, juive marxiste, improvisée conseillère en relations sociales et sentimentales.

Enfin la chance semble lui sourire ? Mais lorsque vous vous appelez Brian Jackson, la malchance finit toujours par se rappeler cruellement à vous.

Le blé en herbe (1923) – COLETTE

Une belle lecture que ce court roman de Colette, qui traite de la découverte de l’amour, physique et platonique, par deux adolescents qui se connaissent depuis l’enfance.

Alors qu’ils viennent de s’avouer leur amour mutuel, Philippe rencontre une femme plus âgée qui l’initie à l’amour physique. L’ambivalence de son attitude le plonge dans un tourbillon d’émois et de questionnements.

Le texte fait ressortir la faiblesse des hommes en opposition à la force des femmes, Vinca qui ne veut pas être qu’une aventure pour Phil, la Dame en blanc qui tient le jeune garçon à sa merci.

J’ai beaucoup aimé l’analyse psychologique des personnages, en particulier de Philippe ; Vinca ne se dévoile qu’à la fin du roman.

La beauté de l’écriture est frappante. Certains la trouveront alambiquée, je l’ai trouvé luxuriante et voluptueuse. La Bretagne, où se déroule le roman, est l’objet d’une description qui fait appel à tous nos sens, on peut s’y transporter facilement en pensée.

Les romans emplissent cent pages, ou plus, de la préparation à l’amour physique, l’événement lui-même tient quinze lignes, et Philippe cherchait en vain, dans sa mémoire, le livre où il est écrit qu’un jeune homme ne se délivre pas de l’enfance et de la chasteté par une seule chute, mais qu’il en chancelle encore par oscillations profondes et comme sismiques, pendant de longs jours…

Philippe laissa ouverte la porte vitrée , et entra dans cette nuit douce comme en un refuge sûr et triste.

Mais Philippe haussait les épaules et ne riait pas, car les amants de seize ans n’admettent ni le changement, ni la maladie, ni l’infidélité, et ne font place à la mort dans leurs desseins que s’ils la décernent comme une récompense ou l’exploitent comme un dénouement de fortune, parce qu’ils n’en ont pas trouvé d’autre.

PRÉSENTATION

Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. » Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Une vie après l’autre (2015) – Kate ATKINSON

Et si nous avions la chance de recommencer encore et encore jusqu’à ce que nous finissions par ne plus nous tromper ? Ce ne serait pas merveilleux ?

Après avoir lu Dans les replis du Temps en pensant que j’allais lire Une vie après l’autre, j’ai enfin commencé (et fini, et beaucoup aimé) le bon livre.

Le thème abordé par Kate Atkinson dans ce roman, une sorte de variante de l’effet papillon, me plait toujours énormément, que ce soit à l’écran ou en littérature.

Ursula Todd naît, meurt et renaît aussitôt un grand nombre de fois dans ce roman. Au fur et à mesure de ses « renaissances », elle éprouve des sensations de « déjà-vu » qui lui permettent parfois d’éviter de faire à nouveau les mêmes erreurs.

Elle vit donc plusieurs vies, qui ont réjoui l’admiratrice de Kate Atkinson que je suis. En effet, celle-ci laisse libre cours à son imagination, son écriture est toujours aussi soignée, parsemée de touches d’humour « so british ».

Le roman se déroule majoritairement pendant la Seconde Guerre Mondiale et en partie sous le Blitz, période de bombardements allemands intenses contre le Royaume-Uni. Je ne connaissais pas réellement cette partie de l’Histoire et il est absolument terrifiant de s’imaginer à la place de ces personnes vivant en permanence dans l’appréhension des bombardements, unissant leurs efforts pour sauver les victimes, offrir aux morts des sépultures décentes.

-Est-ce ce que serait une condition si déplorable ? D’être célibataire ? dit Ursula en s’attaquant à son gâteau à la crème. Jane Austen s’en est contentée.

L’hiver revint. Elle le reconnut.

PRÉSENTATION

11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt aussitôt.
11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt, quelques minutes plus tard, le cordon ombilical enroulé autour du cou.
11 février 1910 : Ursula Todd naît – le cordon ombilical menace de l’étouffer, mais cette fois le médecin est là pour le couper, et Ursula survit…
Ursula naîtra et mourra de nombreuses fois encore – à cinq ans, noyée ; à douze ans dans un accident domestique ; ou encore à vingt ans, dans un café de Munich, juste après avoir tiré sur Adolf Hitler et changé ainsi, peut-être, la face du monde…
Etablis dans un manoir bucolique du nom de Fox Corner, les Todd portent sur leur environnement le regard distancié, ironique et magnanime de ceux que les tragédies de l’Histoire épargnent. Hugh, le père, travaille à la City, tandis que Sylvie, la mère, reste à la maison et élève ses enfants à l’ancienne. Mais le temps, en la personne d’Ursula, va bientôt se détraquer, se décomposer en une myriade de destins possibles qui vont, chacun à sa manière, bouleverser celui de la famille…
Si l’on avait la possibilité de changer le cours de l’histoire, souhaiterions-nous vraiment le faire ?

Cours, ma jolie (2006) – Lisa UNGER

Je n’ai pas du tout été convaincue par ce thriller de Lisa Unger. Je ne connaissais pas l’auteure mais il faut croire que soit je n’ai pas choisi son meilleur livre, soit elle n’est pas faite pour moi  (je penche pour la seconde option).

Tout d’abord, l’héroïne ne m’a pas plu du tout. Je l’ai trouvée naïve tendance cruche et tête à claques en prime.

La romance qui se déroule en parallèle n’a pas non plus trouvé grâce à mes yeux, par moments, j’avais l’impression de lire un mauvais Harlequin.

Et enfin, le style est beaucoup trop plat à mon goût et bourré de poncifs.

PRÉSENTATION

Une lettre anonyme.
La photo d’une petite fille de deux ans.
Une note : « Es-tu ma fille ? »
L’existence de Ridley Jones, journaliste new-yorkaise bohème, vient de basculer.
Un ballet de faux-semblants où vérité et mensonge se mêlent inextricablement, où le passé vole en éclats, et où la trahison viendra de ceux qu’on croyait pourtant bien connaître…
Et si vous découvriez que votre vie entière n’est que tromperie et illusion ?

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Le secret du mari (2015) – Liane MORIARTY

Voilà un roman surprenant que j’ai dévoré en à peine une journée et demie ; surprenant car le déroulement et le dénouement de l’histoire n’étaient pas du tout ceux auxquels je m’attendais.

Le roman commence en effet par présenter Cecilia, mère de famille « qui n’avait jamais aspiré à autre chose qu’à la normalité », femme et voisine parfaite et efficace, qui découvre dans son  grenier une lettre de son mari, « à n’ouvrir qu’après sa mort ». Son chemin va croiser à ce moment de sa vie celui de Tess, jeune maman dont le couple traverse une crise et celui de Rachel, une vieille femme ayant vécu un drame plusieurs dizaines d’années auparavant.

Durant la semaine précédant Pâques, leurs destins vont se croiser et s’entremêler.

J’ai apprécié l’écriture simple et sans artifices  qui permet d’avancer rapidement dans le roman.

Je me suis attachée aux personnages, assez réalistes et subtils pour que le lecteur puisse se mettre à leur place et cogiter avec eux.

J’ai aimé également que l’auteure place son lecteur dans une situation où il n’y a pas de choix évident et ne choisisse pas la solution de facilité pour le dénouement de l’histoire.

C’est un roman qui fait réfléchir et je suis très heureuse d’avoir découvert Liane Moriarty.

Sa bonté avait des limites. Elle aurait pu passer le reste de sa vie sans savoir où elles se trouvaient, mais à présent, elle le savait. Elle le savait parfaitement.

Certains secrets sont faits pour demeurer secrets. Ce n’est pas Pandore qui vous dira le contraire.

PRÉSENTATION

Jamais Cecilia n’aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l’ouvre et le temps s’arrête… John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu’elle vient d’apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va
la ronger, si elle parle, ceux qu’elle aime souffriront.

1Q84, tome 2 : Juillet-septembre (2011) – Haruki MURAKAMI

Ce second opus m’a autant plu que le précédent.

Les personnages secondaires prennent moins d’importance et l’histoire se centre principalement sur Tengo et Aomamé.

On en apprend un peu plus sur les Little People mais dans toutefois tout comprendre à leur sujet.

Le lien entre Tengo et Aomamé, ténu dans le livre 1, se développe ici et sera certainement un des points clés du troisième et dernier livre.

L’écriture est toujours aussi jolie, même apaisante. Cependant, Haruki Murakami sait tenir son lecteur et certains passages sont inquiétants (Ushikawa brrrr quel horrible personnage !) ou angoissants.

Vivement la suite !

Tchekhov a dit, déclara Tamaru en se levant lentement, que si un revolver apparaissait dans une histoire, il fallait que quelqu’un s’en serve.

Tengo réfléchit un moment. Mais il n’avait rien sur quoi réfléchir. Il se contenta d’ordonner mentalement les paroles d’Ushikawa, de les aligner telles quelles.

Après avoir retrouvé son calme, elle ouvrit le livre à la première page. Une tasse de thé et le Heckler & Koch étaient posés à portée de sa main.

PRÉSENTATION

Le Livre 1 a révélé l’existence du monde 1Q84.

Certaines questions ont trouvé leur réponse.

D’autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se frayent-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l’air, est-elle ce lieu où sommeille notre double ?