La cave à charbon (2013) – Ruth RENDELL

Il me reste peu de livres de Ruth Rendell à lire alors je fais durer le plaisir.

Il s’agit ici de la 24ème enquête de Wexford qui est à la retraite et partage son temps entre Londres et Kingsmarkham.

Par un heureux hasard, alors qu’il commençait à ressentir un peu d’ennui, il rencontre un ancien collègue devenu commissaire, qui lui demande son aide sur une affaire.

En parallèle, il doit également faire face à des problèmes familiaux avec sa fille Sylvia.

La résolution de l’affaire proprement dite m’a parue un peu alambiquée et souvent due au hasard mais j’ai su savourer ma joie de retrouver Wexford et sa famille.

Je demeure toutefois une plus grande fan des romans « psychologiques » de Ruth Rendell.

PRÉSENTATION

L’impossible s’est produit : l’inspecteur Wexford a pris sa retraite ! Or, une rencontre inattendue avec une ancienne connaissance, le commissaire Ede, va bouleverser ses plans. Les corps de deux femmes et d’un homme ont été découverts dans la cave à charbon d’une maison cossue de St John’s Wood à Londres. Rien ne permet de les identifier, mais on a trouvé dans la veste de l’homme des bijoux d’une valeur de quarante mille livres. Intrigué, Wexford accepte d’aider le commissaire Ede, tout en menant une enquête parallèle sur le maniaque qui a attaqué sa fille en plein jour. Il est loin de se douter des périls qu’il va affronter une fois la cave à charbon vidée.

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Onze histoires de solitude (2009) – Richard YATES

Pour paraphraser Georges Brassens, chez Richard Yates, « il n’y a pas d’amour heureux », quel que soit le type d’amour dont on parle.

Ces onze nouvelles traient de la solitude, chez des personnes aussi différentes qu’un nouvel élève dans une école, une future jeune mariée, un homme marié, un tuberculeux, mais tout aussi désenchantées…

J’ai beaucoup aimé Richard Yates, dont je découvrais la plume mais que je connaissais de nom. Ses personnages sont ciselés, l’ambiance qui se dégage de ses lignes est mélancolique sans toutefois être glauque.

Il dépeint extrêmement bien l’Amérique d’après la Seconde Guerre Mondiale, avec une lucidité qui n’a d’égale que son talent d’écrivain.

J’ai particulièrement aimé Tout le bonheur du monde, sur un couple à la veille de se marier mais déjà en proie aux incompréhensions et Une petite fête pour Noël, sur une institutrice revêche mais attachée à ses élèves.

PRÉSENTATION

Dans ce recueil de nouvelles, Richard Yates nous offre onze variations sur un même thème : la solitude. Solitude de l’enfant à l’école (Docteur jeu de quilles) ; de l’homme à l’armée (Quand Jimmy reverra sa brune) ; solitude à deux du couple (Tout le bonheur du monde) ; solitude des vieillards malades (Fini l’an’ieux, ‘ive l’an neuf. Autant de visages de ce mal moderne, autant d’aspects du talent si divers de Richard Yates.

Le Crime de Paragon Walk (1981) – Anne PERRY

Je continue avec plaisir ma découverte des aventures de Charlotte Ellison et de son mari, l’inspecteur Thomas Pitt.

Cette fois-ci, l’inspecteur Pitt est chargé d’enquêter sur un viol suivi d’un meurtre dans un riche quartier de Londres, dans la rue-même où réside Emily, la sœur cadette de Charlotte.

Pour Charlotte, qui vient d’avoir son premier enfant, l’occasion d’enquêter elle-même est trop tentante et elle renoue avec son ancien milieu le temps de l’affaire.

Outre l’enquête proprement dite -et cette fois-ci, c’est plutôt Charlotte que Thomas qui dénoue l’intrigue- il est intéressant de voir Charlotte évoluer à nouveau dans le monde qui était le sien jusqu’à son mariage, sans toutefois avoir honte de son mari.

Tout en savourant les petits conforts auxquels elle a du renoncer du fait de sa « mésalliance », on se rend compte qu’elle s’est bien adaptée à son nouveau milieu et qu’elle ne regrette absolument rien.

J’aurais aimé voir Charlotte et Thomas un peu plus en tant que parents puisqu’un nouveau petit personnage a fait son apparition, Jemina, leur fille de quelques mois, mais j’imagine que j’aurai droit à cet aspect dans les tomes suivants.

Quant à l’enquête, comme d’habitude, je n’ai rien vu venir et j’ai beaucoup apprécié la révélation de la vérité.

PRÉSENTATION

Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l’inspecteur Pitt, chargé de l’affaire, se heurte à l’hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l’élite. Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges.

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Vous n’aurez pas ma haine (2016) – Antoine LEIRIS

J’aurais aimé que mon premier livre soit une histoire, et surtout pas la mienne.

On ne peut évidemment pas rester de glace à la lecture de ce récit.

Antoine Leiris raconte les jours qui ont suivi la mort de sa femme, ces jours passés avec Melvil, leur fils de 17 mois.

Au delà de l’horreur d’un attentat, on assiste ici au désarroi d’un homme qui a perdu sa femme, à son face à face avec un fils désormais orphelin. Antoine Leiris réussit à ne pas accorder sa haine aux terroristes mais également à ne pas leur accorder d’importance dans son récit.

Je ne sais pas vraiment comment m’exprimer au sujet de ce témoignage. Il est touchant, comment pourrait-il ne pas l’être ? Mais il est également très bien écrit et c’est certainement pour cela que l’émotion est aussi forte.

PRÉSENTATION

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre dernier assassinée au Bataclan. Alors que le pays était endeuillé, à la recherche de mots pour dire l’horreur, il publiait sur les réseaux sociaux une lettre destinée aux terroristes intitulée Vous n’aurez pas ma haine. Dans celle-ci, il promettait à ces « âmes mortes » de ne pas leur accorder sa haine ni celle de leur fils de dix-sept mois, Melvil. Son message fait le tour du monde. Accablé par la perte, Antoine Leiris, journaliste de 34 ans, n’a qu’une arme : sa plume. L’horreur, le manque et le deuil ont bouleversé sa vie. Mais, à l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre, il nous dit que malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre dans ce témoignage poignant.

Danser (2016) – Astrid ELIARD

J’ai toujours aimé les histoires de petits rats de l’Opéra et pourtant je n’ai jamais fait de danse. Ce n’est pas que je n’aurais pas voulu (j’en rêvais !) mais je n’ai jamais eu l’occasion.

Ce court roman, centré sur trois adolescents admis à l’Opéra de Paris, m’a rappelé mes propres lectures d’ado.

Adoptant l’un après l’autre les points de vue de Chine, Delphine et Stéphane, l’auteure nous plonge dans leurs pensées, leurs peurs et leurs questionnements les plus intimes.

Cependant, il manquait un peu de passion, de profondeur, pour que je sois totalement séduite.

Un court roman agréable pour qui aime la danse, sur trois adolescents à l’Opéra de Paris, mais qui manque un tout petit peu de passion pour me séduire totalement.

PRÉSENTATION

Chine, Delphine et Stéphane ont une passion commune : la danse. Sans elle, ils ne se seraient sans doute jamais rencontrés. Milieux sociaux, origines géographiques, motivations, histoires familiales, tout les opposait. À l’École de danse de l’Opéra, ils vont cohabiter, se détester, se jauger, s’aider… La danse est exigeante. Chine, Delphine et Stéphane iront-ils au bout de leurs rêves ? Avec beaucoup d’humour et de tendresse, Astrid Éliard nous entraîne dans le monde des petits rats de l’Opéra, un monde à part, où l’on vit en musique, en tutu et chignon pour les filles, en collant pour les garçons. Mais derrière cet uniforme, on découvre des adolescents comme les autres, préoccupés par les questions de leur âge et de leur époque. Leurs corps sont en train de devenir des objets de désir. Il leur faudra donc vivre ce changement, assumer le trouble des premiers émois amoureux, et concilier l’idéal de perfection avec la trivialité du réel…

Le Club Jane Austen (2005) – Karen Joy FOWLER

Jusqu’à ce jour, nous allions simplement attendre. Dans trois ou quatre ans il serait temps de lire Austen à nouveau.

Ce fut une lecture agréable mais je n’ai pas réussi à vraiment rentrer dedans.
Cela fait peut-être trop longtemps que je n’ai pas lu un roman de Jane Austen, mais si je n’avais pas connu son oeuvre auparavant, je ne suis pas certaine que j’aurai été tentée après avoir lu ce livre.

Les membres du club de lecture ne m’ont pas séduite non plus, je les ai trouvées trop groupies dans leurs attitudes, peu ouvertes aux autres et à l’échange. Et leurs mésaventures m’ont semblé un peu trop convenues et prévisibles.

Son roman favori était Persuasion, le plus achevé et le plus sombre. La Jane Austen de Prudie est celle dont les livres changent à chaque lecture, une année on les lit comme des histoires d’amour, et l’année suivante c’est la prose froide, ironique d’Austen qu’on remarque. La Jane Austen de Prudie est celle qui meurt, de la maladie de Hodgkin probablement, alors qu’elle n’a que quarante et un ans.

PRÉSENTATION

En ce début de XXe siècle, un club singulier voit le jour en Californie. Comme d’autres jouent au bridge, cinq femmes et un homme se rencontrent régulièrement autour de l’œuvre de Jane Austen. S’ensuit une sublime chronique sur l’air du temps où la voix de la plus grande romancière anglaise vient éclairer l’éternelle tragi-comédie des sentiments, et son tourbillon de rencontres, d’épreuves, de séductions et de jeux entre l’impossible et le possible que seul peut dénouer l’amour. Car, comme vont le découvrir les membres du club, il n’est peut-être de plus belle fiction que la plus ordinaire des vies.

L’Homme est un dieu en ruine (2017) – Kate ATKINSON

C’était comme s’il avait vécu de nombreuses vies. Ou peut-être juste cette nuit qui ne finit pas pour laquelle certains sont nés, d’après Blake.

Après avoir beaucoup beaucoup aimé Une vie après l’autre, qui était centré sur Ursula Todd, c’est avec un peu d’appréhension que j’ai commencé L’Homme est un dieu en ruine.

Et bien, il n’y avait aucune peur à avoir, je l’ai encore plus aimé que le premier !

Cette fois-ci, le personnage principal est Teddy, le petit frère d’Ursula. Il était déjà attachant dans Une vie après l’autre, on le suit ici du moment où il s’engage dans l’armée comme pilote jusqu’à ses derniers jours. On le découvre donc en mari, en père, en grand-père. A chaque étape de sa vie, Teddy, « désespérément honnête », tente de faire pour le mieux, mais n’y parvient pas forcément, comme chacun d’entre nous.

Kate Atkinson a voulu aborder un autre aspect de la Seconde Guerre Mondiale dans ce roman, le Bomber Command, la campagne de bombardements stratégiques contre l’Allemagne, que l’on découvre à travers les yeux de Teddy, pilote britannique, là où l’on voyait le Blitz à travers les yeux d’Ursula, restée au sol.

La narration n’est pas chronologique, ce que j’apprécie ; le récit se déroule selon les souvenirs de Teddy, parfois adopte le point de vue de sa fille ou de l’un de ses petits-enfants.

J’ai été très émue tout au long du roman et encore plus par la fin qui est d’une poésie et d’une beauté incroyables.

Tous les oiseaux qui ne naquirent jamais, tous les chants qui ne furent jamais chantés et qui ne peuvent exister que dans l’imagination.

Le bonheur, comme la vie, était aussi fragile que le battement de cœur d’un oiseau, aussi fugace que les jacinthes sauvages, mais tant qu’il dura, Fox Corner fut une Arcadie.

PRÉSENTATION

Teddy a vingt ans lorsqu’il s’enrôle en 1940 comme pilote de bombardier. Vite promu commandant d’Halifax, lui et son équipage vont connaître quatre années d’horreur et d’héroïsme où chaque mission risque d’être la dernière. Il va pourtant vivre jusqu’à plus de quatre-vingt-dix ans sans jamais complètement accepter l’idée d’avoir survécu et avec une obsession : ne plus faire de mal à personne. Le formidable pilote va donc épouser celle qui l’attendait, devenir père puis grand-père tout en se frayant un chemin au milieu des périls et des progrès du XXe siècle.