Assez de bleu dans le ciel (2017) – Maggie O’FARRELL

L’Irlande devient verte, belle et bénie, autour de nous qui roulons au pas dans les flaques jusqu’au dernier portail.

C’est un très beau roman que je viens de refermer, très émouvant.

L’histoire s’articule autour de Daniel Sullivan, un new-yorkais d’origine irlandaise.

Le roman débute en Irlande, où il vit avec sa femme et ses deux enfants, le jour où il apprend par hasard que sa première petite amie est morte peu de temps après la fin de leur relation.

Cette nouvelle va provoquer chez Daniel un besoin irrépressible de renouer avec son passé. Il va essayer de comprendre ce qui est arrivé exactement à son ancienne petite amie et surtout va retourner à la rencontre de ses enfants nés d’un premier mariage, que son ex-femme l’empêchait de voir depuis leur divorce.

À la faveur d’une narration alternée, nous pouvons adopter le point de vue de Daniel ou de l’un de ses proches : Claudette, sa femme ; Ari, le fils de cette dernière ; Niall, son fils souffrant d’un eczéma très poussé et handicapant…

Le récit n’est pas chronologique et de flash-backs en bonds en avant, on traverse avec Daniel les multiples épreuves auxquelles la vie peut nous confronter : la perte d’un parent, d’un enfant, un divorce douloureux…

Chaque personnage est poignant et j’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois, tout en espérant que chacun trouve à la fin le bonheur et la sérénité auxquels tout un chacun peut prétendre.

PRÉSENTATION

Une maison au bout d’une piste, à des kilomètres de tout. Autour, rien que l’herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Daniel Sullivan est linguiste, il s’en va donner un cours à l’université avant de prendre l’avion pour les États-Unis, son pays d’origine, pour se rendre à l’anniversaire de son père qu’il n’a pas vu depuis des années. 
À ses côtés, dans la voiture qui le conduit à l’aéroport, sa femme Claudette et leurs deux enfants. C’est là, dans cette voiture, que Daniel apprend à la radio le décès de Nicola, son premier amour. Une cascade de souvenirs se déversent et une question : se pourrait-il qu’il soit responsable de sa mort ? 
Le doute le ronge, implacable. Et une envie, deux en fait : découvrir la vérité sur Nicola ; revoir sa famille, son autre famille, ses deux grands enfants qu’il a abandonnés soudainement aux États-Unis dix ans plus tôt. 
Mais comment dire tout cela à Claudette, cette ex-star de cinéma fantasque, passionnée, qui a choisi d’organiser sa propre disparition pour échapper au monde ? Comment lui révéler l’homme qu’il est véritablement ? Et que peut-il encore promettre, lui qui n’a jamais su que fuir ? 

Si comme le veut le proverbe, assez de bleu dans le ciel promet une belle journée, alors chacun peut voyager sans crainte. Il y aura toujours l’amour pour les ramener à bon port…

Petits secrets, grands mensonges (2016) – Liane MORIARTY

J’ai lu il y a peu de temps Le secret du mari, de la même auteure et il m’avait bien plu. Je me suis donc lancée sans appréhension dans Petits secrets, grands mensonges.
Et j’ai été tout autant séduite.

L’histoire se déroule en Australie, dans une jolie ville située au bord de la mer. Comme dans Le secret du mari, on suit trois protagonistes. Cette fois, il s’agit de trois mamans d’enfants faisant leur entrée en maternelle.

Il y a Madeline, 40 ans, pétillante et adorant les petits conflits, mais sans toutefois être aigrie. Cela tombe bien, son ex-mari a un enfant qui rentre également en maternelle, ce qui lui fournit de nombreuses occasions de prises de bec au sujet de leur fille aînée adolescente.

Sa meilleure amie Céleste, belle et riche à souhait, est plus posée, plus réservée et paraît manquer de confiance en elle. Elle a un mari qui l’adore, deux petits garçons magnifiques mais épuisants, des jumeaux. Seulement, les apparences sont souvent trompeuses.

Lorsque Jane, une jeune maman d’une vingtaine d’années, s’installe dans leur ville, et que dès le premier jour, son fils est accusé par une fillette de l’avoir molestée, leurs vies vont être chamboulées.

Dès le début du roman, on sait qu’il y a eu un meurtre mais on ne sait pas qui est mort, ni qui est soupçonné.

On se rapproche petit à petit de la soirée Quizz, la soirée du meurtre, et la narration est entrecoupée d’extraits d’interrogatoires de police ou de questions de journalistes ; ce qui attise notre curiosité et peut parfois nous mettre sur la piste du secret. Ces interludes sont d’ailleurs l’occasion de rire car les personnages sont truculents et parfaitement croqués.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance Desperate Housewives qui ressort de ce roman ainsi que l’humour qui s’en dégage et je ne vais pas tarder à regarder la série en espérant qu’elle ait gardé ce même esprit.

PRÉSENTATION

Jane, mère célibataire, vient d’emménager à Sydney avec son petit garçon et un secret qui est le sien depuis cinq ans. Le jour de la rentrée scolaire, elle rencontre Madeline, un personnage haut en couleur avec lequel il faut compter – elle se souvient de tout et ne pardonne jamais – et Céleste, une femme à la beauté époustouflante mais qui, paradoxalement, est toujours mal à l’aise. Elles prennent toutes deux Jane sous leur aile, en faisant attention de dissimuler leurs propres secrets. Cependant, quand un simple incident impliquant les enfants de chacune des trois femmes survient à l’école, les choses s’enveniment : les commérages vont bon train, les rumeurs empoisonnées se propagent jusqu’au point où il est impossible de démêler le vrai du faux.

Le bonheur n’a pas de rides (2017) – Anne-Gaëlle HUON

Monsieur Yvon avait encore une fois réussi son pari : faire taire les fantômes et ensoleiller sa journée.

Ah comme j’aime un bon « feel-good book » de temps en temps ! Et un feel-good book français qui plus est.

On fait rapidement connaissance avec des personnages tous plus attachants les uns que les autres -hormis bien sur Corinne, la belle-fille exaspérante et criante de vérité. Et on fait le plein de bons sentiments mais sans aucune mièvrerie (et moi la mièvrerie, j’aime pas ça…).

Une fois commencé, je n’ai plus pu lâcher ce roman, même lorsque je le fermais, les personnages restaient dans un coin de ma tête. J’ai pleuré, j’ai ri et j’ai pensé à ma propre grand-mère, ma Jacqueline Kennedy à moi.

L’atmosphère poétique à la Amélie Poulain est bien présente et je me suis fait plusieurs fois la réflexion avant de lire dans les remerciements que l’inspiration était bien revendiquée.

J’ai passé un très bon moment avec cette auteure et je n’hésiterai pas à lire son premier roman Buzz !.

PRÉSENTATION

Paulette a 85 ans, un caractère bien trempé, et pas toute sa tête. Enfin, à ce qu’elle prétend. Lorsqu’elle se retrouve bien malgré elle la nouvelle pensionnaire de l’Auberge de Monsieur Yvon, elle n’a qu’une obsession : en partir ! Mais c’est sans compter sur l’étrange fascination que les autres habitants et leurs secrets vont bientôt exercer sur elle. Que contiennent ces lettres mystérieuses trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Qui est l’auteur de ce carnet abandonné dans la bibliothèque ? Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens. Des morceaux de vie qui enchantent, des chagrins, des joies, des confidences. Un roman tendre et lumineux qui nous parle d’amour et d’amitié à l’heure où on ne s’y attend plus. Un roman qui fait aimer la vie. « Un livre qui nous émerveille autant qu’il nous captive, avec humour et délicatesse, nous donnant à voir la fragilité des êtres humains tout autant que leur soif de bonheur. Un pied-de-nez à la morosité qui vous parle au cœur. »

Pique-nique à Hanging Rock (1977) – Joan LINDSAY

Une dernière promenade sur le lac. Une légère poignée de main, la dernière… Invisible et oublié, le motif du pique-nique continuait de s’étendre et de s’assombrir.

J’avais envie de lire ce roman depuis longtemps, le Summer Reading Challenge de Whoopsy Daisy m’a fourni l’occasion de le faire passer en priorité.
Dès les premières pages, j’ai plongé dans cette ambiance mystérieuse à souhait, servie par une très belle écriture. Les descriptions sont nombreuses, précises et imagées, elles contribuent à immerger totalement le lecteur dans le roman.

Ainsi marchent-elles en silence vers les basses pentes, l’une derrière l’autre, chacune emmurée dans le monde intime de ses perceptions, inconscientes des efforts et des tensions de la masse jadis en fusion qui la retiennent à la terre gémissante, des grincements et des frémissements, des vents et des courants connus des seules petites chauves-souris pendues la tête en bas dans ses grottes humides.

Un climat suranné flotte au-dessus d’Appleyard College, pensionnat huppé du nom de sa fondatrice Mrs Appleyard, une anglaise arrivée en Australie quelques années auparavant. Mais par une chaude journée d’été, trois pensionnaires et une de leurs professeurs disparaissent lors d’un pique-nique.
A partir de là, par une sorte d’effet papillon, de nombreuses personnes vont se retrouver impactés par le « Mystère des Collégiennes », comme la presse l’a surnommé. Le pensionnat en subit évidemment les conséquences et l’ambiance va se déliter rapidement, que ce soit du côté des élèves qui quittent l’établissement à la vitesse de l’éclair, ou du côté des employés qui cherchent également à fuir cet endroit que l’on commence à dire maudit.

Considérant d’un peu haut les événements survenus depuis le pique-nique, le lecteur aura observé comment certains personnages périphériques se sont en quelque sorte intégrés au motif qui se déploie […]

Au delà de la beauté de l’écriture, que j’ai fortement apprécié, Joan Lindsay met en place une atmosphère nimbée de mystère et à la limite du surnaturel.

Un roman envoûtant que l’on referme mais que l’on ne quitte pas pour autant !

PRÉSENTATION

14 février 1900, Australie. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’appel.
Publié en 1967, magnifiquement adapté au cinéma par Peter Weir en 1975, Pique-nique à Hanging Rock est un récit envoûtant, mystérieux et inoubliable, considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature australienne.

Les Cygnes de la Cinquième Avenue (2017) – Melanie BENJAMIN

J’aime les États-Unis du XXème siècle. Que de personnages emblématiques et devenus légendaires cette période et ce lieu ont vu surgir !!! Al Capone, Marilyn Monroe, JFK, Fitzgerald n’en sont que quelques exemples.

J’ai d’ailleurs été ravie de lire une anecdote que je connaissais déjà mais qui m’a toujours plu car je suis une grande admiratrice de Marilyn Monroe (d’Audrey Hepburn aussi mais dans une moindre mesure), une phrase prononcée par Truman au sujet du film Diamants sur canapé, adapté de son roman Breakfast at Tiffany’s.

Audrey Hepburn est une petite chose assez mignonne, mais elle n’est pas ma Holly. Je voulais Marilyn Monroe pour ce rôle.

Ce roman basé sur des faits réels se centre sur l’amitié de plusieurs années entre Truman Capote, l’auteur du célèbre De sang-froid, et Babe Paley, la reine des « Cygnes de la Cinquième Avenue« , ces femmes du gotha new-yorkais.

Leur vie est si belle, si tranquille, tout entière dédiée à l’élégance, au bon goût, au décorum. Et c’est ce que j’admire – je crois que c’est la quintessence même de la vie, être capable d’en tirer parti pour en faire une œuvre d’art.

Truman Capote, en quête d’amour, d’admiration et de reconnaissance, intègre ce microcosme en charmant les femmes et leurs maris par sa discussion spirituelle, son humour. Il devient en quelque sorte leur amuseur public. Cependant, Truman est un écrivain avant tout et tandis que « les cygnes » s’abandonnent à une fausse intimité, leurs anecdotes restent dans un coin de sa tête.

Le roman s’étale sur plusieurs années et l’on voit l’évolution de Truman Capote après la parution et le succès de De sang-froid, le roman qui a marqué le début de son déclin, comme s’accordent à le dire les biographes.

L’abandonnant. On l’abandonnait toujours.

Le point le plus important est toutefois la relation fusionnelle entre Truman et Babe, qui semblent s’être « trouvés ». Chacun retrouve en l’autre cette même insécurité affective, causée chez Truman par le peu d’affection que lui ont donnée ses parents, et chez Babe, par des parents pour qui seule comptait la beauté.

Truman et Babe. La part d’ombre et la lumière ; l’élégance et l’impudence. La beauté et l’intelligence, le cœur et l’âme.
Ensemble.

Melanie Benjamin dissèque ses personnages jusqu’à faire apparaître leurs motivations et leurs peurs les plus profondes et il est intéressant de voir que sous des apparences de bonheur total et d’aisance matérielle sans borne, se cachent des failles, des manques et des mal-êtres habilement dissimulés. Le personnage de Babe Paley, en couverture et qui a bien entendu réellement existé, m’a particulièrement touchée.

PRÉSENTATION

Avec sa silhouette svelte et ses beaux yeux noirs, Babe Paley est la plus recherchée des « cygnes de la Cinquième Avenue », ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout, indéfinissable, est son style. Celle qui incarne l’élégance et ne fréquente que l’élite, des Stuyvesant aux Vanderbilt, fait souvent la une de Vogue, ajoutant une touche glamour à un tableau déjà parfait. Mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses nombreuses résidences, de ses enfants, de son mari riche et puissant. Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie. Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à sa vie. Grâce à elle, Truman accède à cette haute société qui le fascine tant. Mais aussi à ses secrets, ses rumeurs et ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir son amitié avec Babe…