Petits secrets, grands mensonges (2016) – Liane MORIARTY

J’ai lu il y a peu de temps Le secret du mari, de la même auteure et il m’avait bien plu. Je me suis donc lancée sans appréhension dans Petits secrets, grands mensonges.
Et j’ai été tout autant séduite.

L’histoire se déroule en Australie, dans une jolie ville située au bord de la mer. Comme dans Le secret du mari, on suit trois protagonistes. Cette fois, il s’agit de trois mamans d’enfants faisant leur entrée en maternelle.

Il y a Madeline, 40 ans, pétillante et adorant les petits conflits, mais sans toutefois être aigrie. Cela tombe bien, son ex-mari a un enfant qui rentre également en maternelle, ce qui lui fournit de nombreuses occasions de prises de bec au sujet de leur fille aînée adolescente.

Sa meilleure amie Céleste, belle et riche à souhait, est plus posée, plus réservée et paraît manquer de confiance en elle. Elle a un mari qui l’adore, deux petits garçons magnifiques mais épuisants, des jumeaux. Seulement, les apparences sont souvent trompeuses.

Lorsque Jane, une jeune maman d’une vingtaine d’années, s’installe dans leur ville, et que dès le premier jour, son fils est accusé par une fillette de l’avoir molestée, leurs vies vont être chamboulées.

Dès le début du roman, on sait qu’il y a eu un meurtre mais on ne sait pas qui est mort, ni qui est soupçonné.

On se rapproche petit à petit de la soirée Quizz, la soirée du meurtre, et la narration est entrecoupée d’extraits d’interrogatoires de police ou de questions de journalistes ; ce qui attise notre curiosité et peut parfois nous mettre sur la piste du secret. Ces interludes sont d’ailleurs l’occasion de rire car les personnages sont truculents et parfaitement croqués.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance Desperate Housewives qui ressort de ce roman ainsi que l’humour qui s’en dégage et je ne vais pas tarder à regarder la série en espérant qu’elle ait gardé ce même esprit.

PRÉSENTATION

Jane, mère célibataire, vient d’emménager à Sydney avec son petit garçon et un secret qui est le sien depuis cinq ans. Le jour de la rentrée scolaire, elle rencontre Madeline, un personnage haut en couleur avec lequel il faut compter – elle se souvient de tout et ne pardonne jamais – et Céleste, une femme à la beauté époustouflante mais qui, paradoxalement, est toujours mal à l’aise. Elles prennent toutes deux Jane sous leur aile, en faisant attention de dissimuler leurs propres secrets. Cependant, quand un simple incident impliquant les enfants de chacune des trois femmes survient à l’école, les choses s’enveniment : les commérages vont bon train, les rumeurs empoisonnées se propagent jusqu’au point où il est impossible de démêler le vrai du faux.

Pique-nique à Hanging Rock (1977) – Joan LINDSAY

Une dernière promenade sur le lac. Une légère poignée de main, la dernière… Invisible et oublié, le motif du pique-nique continuait de s’étendre et de s’assombrir.

J’avais envie de lire ce roman depuis longtemps, le Summer Reading Challenge de Whoopsy Daisy m’a fourni l’occasion de le faire passer en priorité.
Dès les premières pages, j’ai plongé dans cette ambiance mystérieuse à souhait, servie par une très belle écriture. Les descriptions sont nombreuses, précises et imagées, elles contribuent à immerger totalement le lecteur dans le roman.

Ainsi marchent-elles en silence vers les basses pentes, l’une derrière l’autre, chacune emmurée dans le monde intime de ses perceptions, inconscientes des efforts et des tensions de la masse jadis en fusion qui la retiennent à la terre gémissante, des grincements et des frémissements, des vents et des courants connus des seules petites chauves-souris pendues la tête en bas dans ses grottes humides.

Un climat suranné flotte au-dessus d’Appleyard College, pensionnat huppé du nom de sa fondatrice Mrs Appleyard, une anglaise arrivée en Australie quelques années auparavant. Mais par une chaude journée d’été, trois pensionnaires et une de leurs professeurs disparaissent lors d’un pique-nique.
A partir de là, par une sorte d’effet papillon, de nombreuses personnes vont se retrouver impactés par le « Mystère des Collégiennes », comme la presse l’a surnommé. Le pensionnat en subit évidemment les conséquences et l’ambiance va se déliter rapidement, que ce soit du côté des élèves qui quittent l’établissement à la vitesse de l’éclair, ou du côté des employés qui cherchent également à fuir cet endroit que l’on commence à dire maudit.

Considérant d’un peu haut les événements survenus depuis le pique-nique, le lecteur aura observé comment certains personnages périphériques se sont en quelque sorte intégrés au motif qui se déploie […]

Au delà de la beauté de l’écriture, que j’ai fortement apprécié, Joan Lindsay met en place une atmosphère nimbée de mystère et à la limite du surnaturel.

Un roman envoûtant que l’on referme mais que l’on ne quitte pas pour autant !

PRÉSENTATION

14 février 1900, Australie. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’appel.
Publié en 1967, magnifiquement adapté au cinéma par Peter Weir en 1975, Pique-nique à Hanging Rock est un récit envoûtant, mystérieux et inoubliable, considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature australienne.

Le secret du mari (2015) – Liane MORIARTY

Voilà un roman surprenant que j’ai dévoré en à peine une journée et demie ; surprenant car le déroulement et le dénouement de l’histoire n’étaient pas du tout ceux auxquels je m’attendais.

Le roman commence en effet par présenter Cecilia, mère de famille « qui n’avait jamais aspiré à autre chose qu’à la normalité », femme et voisine parfaite et efficace, qui découvre dans son  grenier une lettre de son mari, « à n’ouvrir qu’après sa mort ». Son chemin va croiser à ce moment de sa vie celui de Tess, jeune maman dont le couple traverse une crise et celui de Rachel, une vieille femme ayant vécu un drame plusieurs dizaines d’années auparavant.

Durant la semaine précédant Pâques, leurs destins vont se croiser et s’entremêler.

J’ai apprécié l’écriture simple et sans artifices  qui permet d’avancer rapidement dans le roman.

Je me suis attachée aux personnages, assez réalistes et subtils pour que le lecteur puisse se mettre à leur place et cogiter avec eux.

J’ai aimé également que l’auteure place son lecteur dans une situation où il n’y a pas de choix évident et ne choisisse pas la solution de facilité pour le dénouement de l’histoire.

C’est un roman qui fait réfléchir et je suis très heureuse d’avoir découvert Liane Moriarty.

Sa bonté avait des limites. Elle aurait pu passer le reste de sa vie sans savoir où elles se trouvaient, mais à présent, elle le savait. Elle le savait parfaitement.

Certains secrets sont faits pour demeurer secrets. Ce n’est pas Pandore qui vous dira le contraire.

PRÉSENTATION

Jamais Cecilia n’aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l’ouvre et le temps s’arrête… John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu’elle vient d’apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va
la ronger, si elle parle, ceux qu’elle aime souffriront.