Le bonheur n’a pas de rides (2017) – Anne-Gaëlle HUON

Monsieur Yvon avait encore une fois réussi son pari : faire taire les fantômes et ensoleiller sa journée.

Ah comme j’aime un bon « feel-good book » de temps en temps ! Et un feel-good book français qui plus est.

On fait rapidement connaissance avec des personnages tous plus attachants les uns que les autres -hormis bien sur Corinne, la belle-fille exaspérante et criante de vérité. Et on fait le plein de bons sentiments mais sans aucune mièvrerie (et moi la mièvrerie, j’aime pas ça…).

Une fois commencé, je n’ai plus pu lâcher ce roman, même lorsque je le fermais, les personnages restaient dans un coin de ma tête. J’ai pleuré, j’ai ri et j’ai pensé à ma propre grand-mère, ma Jacqueline Kennedy à moi.

L’atmosphère poétique à la Amélie Poulain est bien présente et je me suis fait plusieurs fois la réflexion avant de lire dans les remerciements que l’inspiration était bien revendiquée.

J’ai passé un très bon moment avec cette auteure et je n’hésiterai pas à lire son premier roman Buzz !.

PRÉSENTATION

Paulette a 85 ans, un caractère bien trempé, et pas toute sa tête. Enfin, à ce qu’elle prétend. Lorsqu’elle se retrouve bien malgré elle la nouvelle pensionnaire de l’Auberge de Monsieur Yvon, elle n’a qu’une obsession : en partir ! Mais c’est sans compter sur l’étrange fascination que les autres habitants et leurs secrets vont bientôt exercer sur elle. Que contiennent ces lettres mystérieuses trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Qui est l’auteur de ce carnet abandonné dans la bibliothèque ? Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens. Des morceaux de vie qui enchantent, des chagrins, des joies, des confidences. Un roman tendre et lumineux qui nous parle d’amour et d’amitié à l’heure où on ne s’y attend plus. Un roman qui fait aimer la vie. « Un livre qui nous émerveille autant qu’il nous captive, avec humour et délicatesse, nous donnant à voir la fragilité des êtres humains tout autant que leur soif de bonheur. Un pied-de-nez à la morosité qui vous parle au cœur. »

Vernon Subutex Tome 3 (2017) – Virginie DESPENTES

Avis en demi-teinte après la lecture de ce dernier tome de la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes.

La 1ere moitié m’a ennuyée, j’avais du mal à me remémorer les personnages, malgré la présentation en début de roman qui est très utile. Ensuite, je n’ai pas du tout réussi à m’attacher à eux ; déjà le personnage de Vernon Subutex ne me plaisait pas dans les deux premiers tomes… J’ai eu l’impression de lire une suite de monologues intérieurs sans rapport les uns avec les autres.

Puis à la moitié du roman, à partir du moment où ça bouge un peu, j’ai commencé à prendre goût à ma lecture, à m’intéresser aux péripéties des personnages. La fin (hors épilogue que je n’ai pas aimé du tout) du roman est surprenante et très intense et pour cela, je ne regrette pas ma lecture.

Le style Despentes est bien là et si je n’ai pas apprécié les passages de discours politiques (après des mois de campagne présidentielle nauséabonde, je sature), je suis toujours en accord avec elle quant aux sujets « féministes » et notamment sa réflexion sur le viol.

PRÉSENTATION

Vous l’attendez depuis deux ans, le voici !
Vernon Subutex 3, le retour de Vernon, suite et fin de la trilogie.

Vous n’aurez pas ma haine (2016) – Antoine LEIRIS

J’aurais aimé que mon premier livre soit une histoire, et surtout pas la mienne.

On ne peut évidemment pas rester de glace à la lecture de ce récit.

Antoine Leiris raconte les jours qui ont suivi la mort de sa femme, ces jours passés avec Melvil, leur fils de 17 mois.

Au delà de l’horreur d’un attentat, on assiste ici au désarroi d’un homme qui a perdu sa femme, à son face à face avec un fils désormais orphelin. Antoine Leiris réussit à ne pas accorder sa haine aux terroristes mais également à ne pas leur accorder d’importance dans son récit.

Je ne sais pas vraiment comment m’exprimer au sujet de ce témoignage. Il est touchant, comment pourrait-il ne pas l’être ? Mais il est également très bien écrit et c’est certainement pour cela que l’émotion est aussi forte.

PRÉSENTATION

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre dernier assassinée au Bataclan. Alors que le pays était endeuillé, à la recherche de mots pour dire l’horreur, il publiait sur les réseaux sociaux une lettre destinée aux terroristes intitulée Vous n’aurez pas ma haine. Dans celle-ci, il promettait à ces « âmes mortes » de ne pas leur accorder sa haine ni celle de leur fils de dix-sept mois, Melvil. Son message fait le tour du monde. Accablé par la perte, Antoine Leiris, journaliste de 34 ans, n’a qu’une arme : sa plume. L’horreur, le manque et le deuil ont bouleversé sa vie. Mais, à l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre, il nous dit que malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre dans ce témoignage poignant.

Danser (2016) – Astrid ELIARD

J’ai toujours aimé les histoires de petits rats de l’Opéra et pourtant je n’ai jamais fait de danse. Ce n’est pas que je n’aurais pas voulu (j’en rêvais !) mais je n’ai jamais eu l’occasion.

Ce court roman, centré sur trois adolescents admis à l’Opéra de Paris, m’a rappelé mes propres lectures d’ado.

Adoptant l’un après l’autre les points de vue de Chine, Delphine et Stéphane, l’auteure nous plonge dans leurs pensées, leurs peurs et leurs questionnements les plus intimes.

Cependant, il manquait un peu de passion, de profondeur, pour que je sois totalement séduite.

Un court roman agréable pour qui aime la danse, sur trois adolescents à l’Opéra de Paris, mais qui manque un tout petit peu de passion pour me séduire totalement.

PRÉSENTATION

Chine, Delphine et Stéphane ont une passion commune : la danse. Sans elle, ils ne se seraient sans doute jamais rencontrés. Milieux sociaux, origines géographiques, motivations, histoires familiales, tout les opposait. À l’École de danse de l’Opéra, ils vont cohabiter, se détester, se jauger, s’aider… La danse est exigeante. Chine, Delphine et Stéphane iront-ils au bout de leurs rêves ? Avec beaucoup d’humour et de tendresse, Astrid Éliard nous entraîne dans le monde des petits rats de l’Opéra, un monde à part, où l’on vit en musique, en tutu et chignon pour les filles, en collant pour les garçons. Mais derrière cet uniforme, on découvre des adolescents comme les autres, préoccupés par les questions de leur âge et de leur époque. Leurs corps sont en train de devenir des objets de désir. Il leur faudra donc vivre ce changement, assumer le trouble des premiers émois amoureux, et concilier l’idéal de perfection avec la trivialité du réel…

Fitzgerald le désenchanté (2013) – Liliane KERJAN

Francis Scott Fitzgerald. Un mythe.

Celui qui a écrit Gatsby le Magnifique mérite mon admiration pleine et totale.

J’avais lu Alabama Song de Gilles Leroy, inspiré par la vie tumultueuse de Zelda et Scott Fitzgerald, mais centrée sur Zelda, et j’avais envie d’en savoir plus sur la courte vie de cet auteur qui a marqué sa génération et les suivantes. Nombreux sont les auteurs qui l’ont admiré ou se sont inspirés de lui, à commencer par Hemingway et Salinger.

J’ai apprécié cette biographie factuelle, peu romancée. J’en ai en effet appris plus sur Scott Fitzgerald, notamment sur sa relation avec sa fille Frances, surnommée Scottie. Liliane Kerjan offre également un autre point de vue sur la relation avec Zelda, la manière dont Scott s’est saigné aux quatre veines pour lui permettre de recevoir des soins adaptés mais le texte ne se centre pas sur le couple mythique. J’ai d’ailleurs appris, même si le sujet n’est pas vraiment approfondi, que l’auteur de Gatsby a eu une autre relation amoureuse à la fin de sa vie, avec Sheilah Graham.

J’ai également aimé la description des années folles à Paris, en compagnie d’autres artistes de tous pays. Cependant, on ne peut s’empêcher de souffrir pour lui, tout au long de cette fuite en avant qu’a été sa vie.

PRÉSENTATION

D’un côté un jeune écrivain marié à une femme excentrique, beau, talentueux, icône de l’Ère du Jazz, et qui, dès son premier roman, L’Envers du paradis, connaît un succès foudroyant. De l’autre, la chute vertigineuse d’un couple qui sombre dans l’alcool, la pauvreté et la folie. Celui que Philippe Sollers appelle le « vaincu exemplaire » et Eric Neuhoff le « romantique absolu » est avant tout un écrivain qui, toute sa vie, tente de régler le conflit entre son besoin irrésistible d’écrire et « un concours de circonstances acharnées à l’en empêcher ». Fitzgerald ne ment jamais ni quand il se saoule, ni quand il se bat, ni quand il fait face aux humiliations, ni quand il revendique son goût du travail bien fait, ni quand il erre de casinos en hôtels. On le découvre ici dans son intimité, en père attentif qui s’occupe de sa fille Scottie, ne délaisse jamais Zelda, et qui se ruine la santé pour gagner l’argent nécessaire à l’entretien de son petit monde. Quand il meurt en 1940, il n’a que 44 ans, plus un sou en poche, et ses livres ont déserté les rayons des librairies. Il venait de se remettre au travail et avait entrepris l’écriture du Dernier Nabab.

Les derniers jours de nos pères (2011) – Joël DICKER

Mais n’allez jamais croire que la guerre, même la plus nécessaire, même la plus justifiée, n’est pas un crime. Demandez-le aux fantassins et aux morts.

Ernest Hemingway 

De l’amitié, de l’amour, du courage, des ennemis, un combat, des trahisons, ce roman de Joël Dicker comporte tous les éléments romanesques souhaités. Et pourtant, l’histoire qui se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale aurait pu être réelle.

Un groupe de volontaires est engagé pour être formé et servir au sein du SOE, en tant qu’agent secret britannique. Parmi eux, Paul-Emile dit Pal, « le fils » ayant quitté son père pour aller à la guerre et qui ne cessera de penser à lui. « Le père », lui, se meurt d’impatience de retrouver son fils mais la guerre se mettra entre eux, encore et toujours.

L’écriture de Joël Dicker me plaît toujours et est plus poétique que dans les précédents opus que j’ai lus. Il se dégage énormément d’émotion de ces lignes.

Cependant, si j’ai été très émue, je n’aime pas vraiment les scènes de guerre ou se déroulant pendant la guerre, je suis donc contente d’avoir terminé ce roman.

Nous ne voulons plus tuer. Nous ne voulons plus nous battre. Que sommes-nous devenus, nous qui étions Hommes et qui ne sommes plus rien ? Où irons-nous désormais ? Nous ne serons plus jamais les mêmes.

Vous étiez des enfants, vous êtes devenus des Hommes, mais vous l’êtes devenus en apprenant à tuer.

PRÉSENTATION

Londres, 1940. Soucieux de pallier l’anéantissement de l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre : créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l’intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables. Du jamais vu jusqu’alors.
Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile quitte Paris pour Londres dans l’espoir de rejoindre la Résistance. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de coeur et d’armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l’Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront bientôt renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d’alerte…

L’existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-cinq ans après les faits, Les Derniers Jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l’Angleterre de Churchill.

Le blé en herbe (1923) – COLETTE

Une belle lecture que ce court roman de Colette, qui traite de la découverte de l’amour, physique et platonique, par deux adolescents qui se connaissent depuis l’enfance.

Alors qu’ils viennent de s’avouer leur amour mutuel, Philippe rencontre une femme plus âgée qui l’initie à l’amour physique. L’ambivalence de son attitude le plonge dans un tourbillon d’émois et de questionnements.

Le texte fait ressortir la faiblesse des hommes en opposition à la force des femmes, Vinca qui ne veut pas être qu’une aventure pour Phil, la Dame en blanc qui tient le jeune garçon à sa merci.

J’ai beaucoup aimé l’analyse psychologique des personnages, en particulier de Philippe ; Vinca ne se dévoile qu’à la fin du roman.

La beauté de l’écriture est frappante. Certains la trouveront alambiquée, je l’ai trouvé luxuriante et voluptueuse. La Bretagne, où se déroule le roman, est l’objet d’une description qui fait appel à tous nos sens, on peut s’y transporter facilement en pensée.

Les romans emplissent cent pages, ou plus, de la préparation à l’amour physique, l’événement lui-même tient quinze lignes, et Philippe cherchait en vain, dans sa mémoire, le livre où il est écrit qu’un jeune homme ne se délivre pas de l’enfance et de la chasteté par une seule chute, mais qu’il en chancelle encore par oscillations profondes et comme sismiques, pendant de longs jours…

Philippe laissa ouverte la porte vitrée , et entra dans cette nuit douce comme en un refuge sûr et triste.

Mais Philippe haussait les épaules et ne riait pas, car les amants de seize ans n’admettent ni le changement, ni la maladie, ni l’infidélité, et ne font place à la mort dans leurs desseins que s’ils la décernent comme une récompense ou l’exploitent comme un dénouement de fortune, parce qu’ils n’en ont pas trouvé d’autre.

PRÉSENTATION

Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. » Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.