Onze histoires de solitude (2009) – Richard YATES

Pour paraphraser Georges Brassens, chez Richard Yates, « il n’y a pas d’amour heureux », quel que soit le type d’amour dont on parle.

Ces onze nouvelles traient de la solitude, chez des personnes aussi différentes qu’un nouvel élève dans une école, une future jeune mariée, un homme marié, un tuberculeux, mais tout aussi désenchantées…

J’ai beaucoup aimé Richard Yates, dont je découvrais la plume mais que je connaissais de nom. Ses personnages sont ciselés, l’ambiance qui se dégage de ses lignes est mélancolique sans toutefois être glauque.

Il dépeint extrêmement bien l’Amérique d’après la Seconde Guerre Mondiale, avec une lucidité qui n’a d’égale que son talent d’écrivain.

J’ai particulièrement aimé Tout le bonheur du monde, sur un couple à la veille de se marier mais déjà en proie aux incompréhensions et Une petite fête pour Noël, sur une institutrice revêche mais attachée à ses élèves.

PRÉSENTATION

Dans ce recueil de nouvelles, Richard Yates nous offre onze variations sur un même thème : la solitude. Solitude de l’enfant à l’école (Docteur jeu de quilles) ; de l’homme à l’armée (Quand Jimmy reverra sa brune) ; solitude à deux du couple (Tout le bonheur du monde) ; solitude des vieillards malades (Fini l’an’ieux, ‘ive l’an neuf. Autant de visages de ce mal moderne, autant d’aspects du talent si divers de Richard Yates.

L’élève (1929) – Henry JAMES

J’étais très contente après Michel Bussi de retrouver la plume de Henry James et ses personnages aboutis même si ils datent d’un autre temps.

Ici, nous suivons Pemberton, un jeune précepteur employé par les Moreen pour s’occuper de Morgan, leur plus jeune fils, à la santé fragile.

Le jeune adolescent fait preuve d’un grande précocité de sentiments et de réflexion et au fil du temps passé ensemble, un fort attachement va s’établir entre le précepteur et son élève. Mais cette affection réciproque se fera au détriment du lien familial.

J’ai aimé, comme toujours avec Henry James, les personnages fouillés, complexes et ici fidèles à leurs lignes de conduite. La famille Moreen est assez pittoresque et leurs travers ainsi que leur aplomb m’ont fait sourire assez souvent, surtout en contraste avec le sérieux de Pemberton.

Cependant, l’histoire n’est pas comique et les questionnements et états d’âme du précepteur m’ont touchée.

Il n’en est pas de même pour la seconde nouvelle L’autel des morts, qui m’a laissée froide, et que j’ai même trouvée un peu décousue.

PRÉSENTATION

Morgan Moreen, l’élève, est un enfant intelligent et malheureux, abandonné aux mains des gouvernantes et des précepteurs. L’arrivée du nouveau précepteur Pemberton change son existence, car il trouve en lui un être digne d’attachement, mais Pemberton, devant tant de précocité, croit avoir affaire à un adulte et le traite d’égal à égal sans savoir jusqu’où il peut aller. Cette expérience dangereuse les lie à jamais au cours d’un vagabondage mi-joyeux mi-désespéré dans toutes les vieilles capitales de l’Europe. Avec ce récit, James a donné le premier grand portrait d’enfant de la littérature moderne. Il n’a pas été égalé pour sa cruelle lucidité ni pour sa tendresse curieuse.