Pique-nique à Hanging Rock (1977) – Joan LINDSAY

Une dernière promenade sur le lac. Une légère poignée de main, la dernière… Invisible et oublié, le motif du pique-nique continuait de s’étendre et de s’assombrir.

J’avais envie de lire ce roman depuis longtemps, le Summer Reading Challenge de Whoopsy Daisy m’a fourni l’occasion de le faire passer en priorité.
Dès les premières pages, j’ai plongé dans cette ambiance mystérieuse à souhait, servie par une très belle écriture. Les descriptions sont nombreuses, précises et imagées, elles contribuent à immerger totalement le lecteur dans le roman.

Ainsi marchent-elles en silence vers les basses pentes, l’une derrière l’autre, chacune emmurée dans le monde intime de ses perceptions, inconscientes des efforts et des tensions de la masse jadis en fusion qui la retiennent à la terre gémissante, des grincements et des frémissements, des vents et des courants connus des seules petites chauves-souris pendues la tête en bas dans ses grottes humides.

Un climat suranné flotte au-dessus d’Appleyard College, pensionnat huppé du nom de sa fondatrice Mrs Appleyard, une anglaise arrivée en Australie quelques années auparavant. Mais par une chaude journée d’été, trois pensionnaires et une de leurs professeurs disparaissent lors d’un pique-nique.
A partir de là, par une sorte d’effet papillon, de nombreuses personnes vont se retrouver impactés par le « Mystère des Collégiennes », comme la presse l’a surnommé. Le pensionnat en subit évidemment les conséquences et l’ambiance va se déliter rapidement, que ce soit du côté des élèves qui quittent l’établissement à la vitesse de l’éclair, ou du côté des employés qui cherchent également à fuir cet endroit que l’on commence à dire maudit.

Considérant d’un peu haut les événements survenus depuis le pique-nique, le lecteur aura observé comment certains personnages périphériques se sont en quelque sorte intégrés au motif qui se déploie […]

Au delà de la beauté de l’écriture, que j’ai fortement apprécié, Joan Lindsay met en place une atmosphère nimbée de mystère et à la limite du surnaturel.

Un roman envoûtant que l’on referme mais que l’on ne quitte pas pour autant !

PRÉSENTATION

14 février 1900, Australie. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’appel.
Publié en 1967, magnifiquement adapté au cinéma par Peter Weir en 1975, Pique-nique à Hanging Rock est un récit envoûtant, mystérieux et inoubliable, considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature australienne.

Autant en emporte le vent (1936) Tome 2 – Margaret MITCHELL

C’était l’enfer, elle s’y trouvait pour de bon maintenant.

Le deuxième tome commence par une scène d’apocalypse, quelle différence avec le début du premier tome !

Et cela va continuer tout au long de cette deuxième partie que j’ai encore plus appréciée. Le récit se situe cette fois à la fin de la guerre, que les Yankees viennent de gagner. Les sudistes sont chassés de chez eux, leurs maisons, leurs villes sont détruites. Scarlett révèle une force de caractère insoupçonnée et son caractère change. Elle ne devient pas plus gentille ou plus altruiste, non ; elle développe une « brutalité sans scrupules » face à une situation de pauvreté, de faim et d’insécurité qu’elle n’aurait jamais imaginé connaître.

Comme il était impossible de revenir en arrière, elle se portait résolument en avant.

Quelque part, sur le long ruban de route qui serpentait à travers quatre années, la jeune fille parfumée, chaussée de mules légères, s’était effacée, avait cédé la place à une femme aux yeux verts et durs qui comptait son argent et s’abaissait à des travaux serviles, une femme à laquelle le naufrage n’avait rien laissé en dehors de l’indestructible sol rouge sur lequel elle vivait.

Ce personnage de Scarlett, qui me déplaisait tant, devient à mes yeux très intéressant. Elle ne change pas réellement, elle développe des aspects de son caractère lui permettant de survivre. Là où je la trouvais futile, elle devient complexe mais toujours aussi avide. J’aime beaucoup cette évolution. Là où elle manquait de culture, elle développe une intelligence pratique rare chez les femmes à cette époque.

D’ailleurs ce changement la rapproche encore de Rhett car ils se ressemblent de plus en plus.

Je vous aime, Scarlett, parce que nous nous ressemblons tant.

L’autre aspect important de cette deuxième partie est la Reconstruction. Les Yankees ayant gagné la guerre, les Sudistes se retrouvent en position de vaincus et cet état de fait va perdurer car les vainqueurs entendent bien mettre en oeuvre leur domination.

Les Yankees maintenaient le Sud dans un état de prostration dont ils n’entendaient pas le laisser se relever.

…pour elle et pour tout le Sud, la guerre ne prendrait jamais fin. La lutte la plus âpre, l’ère des vengeances les plus brutales ne faisait que commencer.

Dans les grandes demeures prétentieuses, des flots de vin et de lumière, la danse et les violons, le brocart et le drap fin ; de l’autre côté de la rue, le froid, la lente inanition. L’arrogance et la dureté pour les vainqueurs, une endurance poignante et la haine pour les vaincus.

D’autre part, l’esclavage est aboli. Cependant, ce qui est avec le recul une très bonne chose, est mise en pratique de manière désordonnée et irréfléchie. Les noirs auparavant accompagnés et encadrés en toute chose se retrouvent livrés à eux-mêmes. Certains paniquent et veulent retrouver leur ancienne servitude, certains profitent de l’indolence de leur nouvelle condition et d’autres enfin deviennent agressifs car les abolitionnistes leur martèlent qu’ils ont tous les droits.

Margaret Mitchell explique ainsi l’émergence du Ku Klux Klan, une organisation de représailles contre les violences faites par les anciens esclaves aux Sudistes.

Ce fut la multiplicité des attentats perpétrés contre les femmes et le désir de soustraire leurs épouses et leurs filles à ce péril qui exaspéra les hommes du Sud et les poussa à fonder le Ku-Klux-Klan. Ce fut aussi contre cette organisation, qui opérait la nuit, que les journaux du Nord se mirent à vitupérer, sans jamais se rendre compte de la tragique nécessité qui avait présidé à sa formation.

PRÉSENTATION

Pendant la guerre de Sécession, alors que le Sud esclavagiste auquel ils appartiennent tous les deux est en train de perdre ses dernières batailles contre le Nord, Rhett Butler et Scarlett O’Hara s’aiment et se déchirent.

Autant en emporte le vent (1936) Tome 1 – Margaret MITCHELL

Vainqueurs ou vaincus, ces soldats étaient les leurs.

Je suis en plein ravissement après la lecture de cette première partie du célèbre roman de Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent, et je me demande pourquoi j’ai attendu si longtemps !

Beaucoup réduiront ce livre à une simple romance et si l’aspect romance est bien présent, il n’est évidemment pas le seul ingrédient du succès d’Autant en emporte le vent.

Le récit entier est foisonnant, et je n’en suis qu’à la première partie. Les descriptions des paysages de Géorgie sont magnifiques et imagées. Lorsque l’auteure parle de la guerre, elle n’en est pas moins intense, on peut sentir l’odeur de poudre flottant dans l’air, la fumée des canons assombrissant l’atmosphère, le désespoir et en même temps la foi des Sudistes en leur Cause. On comprend également que malgré cette foi qui parait infinie, les Sudistes vont perdre la guerre, comme le prédit Rhett Butler lors de sa première apparition dans le roman.

Ça ne pouvait pas être vrai, c’était grotesque que le ciel d’un bleu si tendre à l’aube naissante fût profané par la fumée des canons qui flottait sur la ville comme une nuée d’orage. C’était grotesque que l’heure chaude de midi tout imprégnée de l’odeur pénétrante du chèvrefeuille et des roses grimpantes fût rendue aussi terrible par les obus qui sifflaient dans les rues, éclataient dans un fracas de jugement dernier, projetaient au loin leurs éclats métalliques, déchiquetaient bêtes et gens.

Les personnages sont extrêmement vivants et bien dépeints. Scarlett est une jeune fille vaniteuse, égoïste, jalouse, manipulatrice, à « l’esprit versatile » mais l’on ne peut s’empêcher d’admirer son aplomb (allant de pair avec son égocentrisme). Mélanie, la femme de l’homme dont Scarlett est éprise, est un modèle de gentillesse et d’altruisme, mais elle n’en est pas agaçante pour autant. Son dévouement et l’affection sincère qu’elle a pour ses proches forcent plutôt l’attachement. Quant au célèbre Rhett Butler, il est décrit comme un bel homme mais ce qui est séduisant aux yeux de la simple lectrice que je suis, c’est surtout sa malice, sa clairvoyance et sa franchise. Rhett est un filou et un égoïste, mais il assume totalement son attitude et ses actions. Il peut toutefois également faire preuve de bonté , notamment envers Mélanie, qu’il estime beaucoup.

Il souriait avec une telle effronterie, sa bouche avait une telle expression d’ironie cynique que Scarlett en eut le souffle coupé.

A l’inverse, Rhett est très clairvoyant à l’égard de Scarlett, il connait ses sentiments pour Ashley, le mari de Mélanie) et n’hésite pas à lui rappeler qu’il voit clair dans son jeu. Avec lui, Scarlett goûte le plaisir de flirter et d’être insouciante, choses qui lui paraissent essentielles mais qui ne sont pas les bienvenues en temps de guerre. Même si elle s’en défend, on sent son intérêt pour Rhett, la seule personne avec qui elle peut se laisser aller.

Mais certainement, je suis une fripouille, et pourquoi pas? Nous vivons dans un pays libre et un homme peut bien être une fripouille s’il en a envie. Il n’y a que les hypocrites comme vous, chère madame, il n’y a que les gens dont l’âme est aussi noire que la vôtre pour prendre la mouche quand on leur dit leurs vérités.

Par contre, même si on peut s’y attendre, j’ai été surprise par la manière dont sont décrits les noirs. A la lecture, on a l’impression que les « nègres » sont une race de chiens, parfois attachants et serviables et d’autres fois incorrigibles, mais on ressent peu d’humanité dans les personnages noirs. Cela-dit, Margaret Mitchell est issue d’une famille sudiste et l’esclavage est ancré dans leurs mœurs.

Sa petite main blanche disparut dans les grosses pattes noires, et les quatre nègres, ravis de cette rencontre et tout farauds de montrer à leurs camarades quelle jeune et jolie maîtresse ils avaient, se mirent à gambader comme des fous.

PRÉSENTATION

Pendant la guerre de Sécession, alors que le Sud esclavagiste auquel ils appartiennent tous les deux est en train de perdre ses dernières batailles contre le Nord, Rhett Butler et Scarlett O’Hara s’aiment et se déchirent.

Le blé en herbe (1923) – COLETTE

Une belle lecture que ce court roman de Colette, qui traite de la découverte de l’amour, physique et platonique, par deux adolescents qui se connaissent depuis l’enfance.

Alors qu’ils viennent de s’avouer leur amour mutuel, Philippe rencontre une femme plus âgée qui l’initie à l’amour physique. L’ambivalence de son attitude le plonge dans un tourbillon d’émois et de questionnements.

Le texte fait ressortir la faiblesse des hommes en opposition à la force des femmes, Vinca qui ne veut pas être qu’une aventure pour Phil, la Dame en blanc qui tient le jeune garçon à sa merci.

J’ai beaucoup aimé l’analyse psychologique des personnages, en particulier de Philippe ; Vinca ne se dévoile qu’à la fin du roman.

La beauté de l’écriture est frappante. Certains la trouveront alambiquée, je l’ai trouvé luxuriante et voluptueuse. La Bretagne, où se déroule le roman, est l’objet d’une description qui fait appel à tous nos sens, on peut s’y transporter facilement en pensée.

Les romans emplissent cent pages, ou plus, de la préparation à l’amour physique, l’événement lui-même tient quinze lignes, et Philippe cherchait en vain, dans sa mémoire, le livre où il est écrit qu’un jeune homme ne se délivre pas de l’enfance et de la chasteté par une seule chute, mais qu’il en chancelle encore par oscillations profondes et comme sismiques, pendant de longs jours…

Philippe laissa ouverte la porte vitrée , et entra dans cette nuit douce comme en un refuge sûr et triste.

Mais Philippe haussait les épaules et ne riait pas, car les amants de seize ans n’admettent ni le changement, ni la maladie, ni l’infidélité, et ne font place à la mort dans leurs desseins que s’ils la décernent comme une récompense ou l’exploitent comme un dénouement de fortune, parce qu’ils n’en ont pas trouvé d’autre.

PRÉSENTATION

Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. » Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

La Lettre écarlate (1850) – Nathaniel HAWTHORNE

J’avais envie de lire ce roman depuis fort longtemps et maintenant que c’est fait, je reste un peu sur ma faim.

Le récit s’articule autour de trois personnages. Tout d’abord, il y a Esther Prynne, qui a commis le péché d’adultère et qui, en guise de punition, est condamnée arborer sur sa poitrine une lettre A écarlate. Elle vit avec sa fille Pearl, autre rappel permanent de sa faute.

Les deux autres protagonistes sont masculins, il s’agit du pasteur, dont la santé se détériore sans qu’aucune cause physique ne soit trouvée, et du médecin, nouveau venu dans la ville.

L’entremêlement de leurs trois vies est au cœur du récit.

Cependant, je n’ai pas accroché outre-mesure à ma lecture. J’ai trouvé le prologue long et décousu et je n’ai pas trop aimé cette entrée en matière.

De plus, j’ai ressenti un manque de rythme, un peu d’ennui par moments et j’ai déploré que l’auteur ne donne aucune explication sur l’état d’esprit de ses personnages.

J’ai toutefois apprécié le style classique et l’atmosphère sombre de l’ensemble du roman.

Ceux qui l’avaient suivie des yeux, chuchotèrent que la lettre écarlate jetait une lueur sinistre au long du sombre corridor.

PRÉSENTATION

La Lettre écarlate, c’est la marque au fer rouge qui désigne la femme adultère dans l’Amérique du puritanisme obsessionnel de l’époque coloniale. Trois personnages : Hester qui vit avec une dignité admirable sa faute et sa solitude. Arthur Dimmesdale, le jeune pasteur dont les élans mystiques soulèvent à Boston l’enthousiasme des fidèles mais qui, ensorcelé par Hester, ne parvient ni à dominer ni à vivre sa sensualité. Chillingworth, le mari, qui pendant des années tourmentera en silence le pasteur jusqu’à la folie et la mort. Le premier des grands romans américains, la clef d’une sensibilité nationale toujours partagée entre la tentation du scandale et le démon de la culpabilité.

Love, etc. (1994) – Julian BARNES

Le triangle amoureux, voilà un thème souvent traité, que ce soit en littérature (Jules et Jim) ou au cinéma (Jules et Jim again, Brothers).

Je n’ai pas vu le film de Marion Vernoux, tiré de ce roman et pourtant j’aime beaucoup Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg et Charles Berling.

Et cela était pour le mieux car avoir un visuel ne m’aurait sans doute pas permis de savourer l’aspect « so british » de ce roman. J’avais presque l’impression d’entendre l’accent anglais en lisant !

Stuart et Oliver sont amis depuis l’adolescence. Leurs caractères sont foncièrement différents, pour ne pas dire opposés. Là où Stuart est réservé, timide et manque de confiance en lui, Oliver est exubérant, pontifiant et affiche une assurance sans pareille.

Stuart fait pale figure auprès de son ami puis un jour, il rencontre Gillian. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Bien entendu, Stuart présente Gillian à Oliver ; ils passent du temps tous les trois (à la Jules et Jim) et Stuart et Gillian se marient. Mais le mal est fait et Oliver est lui aussi tombé amoureux de Gillian.

Love, etc. explore les circonvolutions des sentiments amoureux en donnant la parole alternativement à Stuart, Oliver, Gillian et parfois à un personnage secondaire.

Le style évolue en fonction du personnage qui expose son point de vue et donne véritablement vie aux protagonistes. Lorsqu’Oliver prend la parole, le lecteur peut très bien visualiser son attitude à la fois grandiloquente et facétieuse, un peu à la Fabrice Luchini. Quant à Stuart, on sent qu’il manque d’assurance et son fort attachement pour Oliver et Gillian ressort nettement.

Julian Barnes nous livre une brochette de personnages intéressants et pittoresques mais ce « vaudeville » sait également émouvoir lorsque l’on ressent la fragilité et la détresse de ses acteurs.

PRÉSENTATION

Stuart et Oliver sont de vieux amis et, même s’ils diffèrent sur certains points (cette manie de la précision et ce goût des dictionnaires qu’a Oliver !), ils partagent beaucoup de choses à commencer par la même femme, Gillian. Enfin, affirmer qu’ils la partagent est peut-être exagéré, il serait plus juste de dire qu’ils se la disputent. Une classique histoire de trio amoureux ? Pas vraiment, car Julian Barnes, au lieu de confier le récit à un narrateur omniscient a choisi de donner la parole à chacun des protagonistes qui, conformément à un proverbe russe placé en exergue du roman, « ment comme un témoin oculaire ». Il en résulte un enchevêtrement de rancœurs, de mensonges, de remords, de culpabilité qui transforment le marivaudage en une véritable analyse chirurgicale des sentiments, sans que l’auteur renonce jamais à son humour très britannique.

Carol (1952) – Patricia HIGHSMITH

Je pensais avoir lu ce livre à l’adolescence. Quand le film de Todd Haynes est sorti, je me suis rendue compte que ce n’était pas le cas et que je confondais avec un autre livre (mais lequel ? mystère…). J’ai donc réparé mon erreur dès que possible (il a quand même traîné quelques mois dans ma liseuse).

Pour l’époque à laquelle il est sorti, ce roman est en effet inattendu ; pas sulfureux comme pourrait le laisser croire le sujet mais plutôt courageux.

Patricia Highsmith décrit à la perfection le rejet subi par les couples homosexuels dans les années 50, l’exclusion dont ils faisaient l’objet, le dégoût qu’ils provoquaient.

Elle venait de comprendre ce qu’elle n’avait que vaguement pressenti jusqu’alors, que le monde entier était prêt à devenir leur ennemi.

Et pourtant, les sentiments entre Carol et Therese paraissent tellement purs en comparaison, tellement exempts de tout vice. Là se trouve à mes yeux toute la beauté du livre.

Patricia Highsmith écrit dans la préface et dans la postface du livre que ce roman lui a valu des milliers de lettres de remerciement, ce que je comprends tout à fait. C’est un très beau roman, très bien écrit et il me tarde de voir l’adaptation cinématographique.

Mais si c’était simplement le bonheur, alors il avait dû dépasser les limites ordinaires et se muer en autre chose, une sorte de pression excessive, au point que le poids d’une tasse de café dans sa main, la rapidité d’un chat traversant le jardin, le choc silencieux de deux nuages, semblaient presque plus qu’elle ne pouvait en supporter.

PRÉSENTATION

Therese, vendeuse dans un grand magasin, rencontre Carol, qui est belle, fascinante, fortunée. Elle va découvrir auprès d’elle ce qu’aucun homme ne lui a jamais inspiré : l’amour. Une passion naît, contrariée par le mari de Carol, lequel n’hésite pas à utiliser leur petite fille comme un moyen de chantage.