The Girls (2016) – Emma CLINE

Ce roman est inspiré par le massacre de Cielo Drive en août 1969, commandité par Charles Manson et exécuté par ses adeptes, massacre suivi d’un second le lendemain, et qui provoqua une vague de terreur aux Etats-Unis. Au moment de leur arrestations, les « filles » de Manson marquèrent les esprits par leurs attitudes cyniques et leur absence totale de remords.

Dès les premières pages du roman, on sent l’attirance très forte du personnage d’Evie pour « les filles » et en particulier pour Suzanne.

Ce que je retiens, c’est plus cette fascination de l’adolescente pour Suzanne (dans laquelle il m’a semblé reconnaître Susan Atkins) que l’influence directe du « chef de famille » Russell.

En effet, Evie n’est pas sous sa coupe ; elle reste au ranch afin de profiter de la compagnie de Suzanne et manquera de peu faire partie de l’expédition meurtrière.

C’est une Evie adulte qui relate cet été si particulier mais même des années après les faits, on sent encore cette fascination, cette attraction irrésistible.

C’est un roman prenant, qui fait forte impression, impression renforcée par la lecture en septembre de California Girls de Simon Liberati, qui a trait aux filles de la « famille » Manson, et le visionnage le mois dernier de la saison 2 d’Aquarius, série télévisée autour de Charles Manson.

Emma Cline offre dans son roman plusieurs portraits de « filles », mais toutes aussi perdues les unes que les autres : l’adolescente mal dans sa peau et qui se cherche, les jeunes filles libérées de toute contrainte sociale et de toute morale, les filles se battant pour être vues, pour exister.

PRÉSENTATION

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Lorsqu’une dispute les sépare au début de l’été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle dune secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s y faire accepter. Tandis qu elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas quelle s’approche inéluctablement dune violence impensable. Dense et rythmé, le premier roman d Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu’elles deviennent.